OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 Emploi : le Medef espère enfin un effort de la part des jeunes et des vieux http://owni.fr/2010/12/17/emploi-le-medef-espere-enfin-un-effort-de-la-part-des-jeunes-et-de-vieux/ http://owni.fr/2010/12/17/emploi-le-medef-espere-enfin-un-effort-de-la-part-des-jeunes-et-de-vieux/#comments Fri, 17 Dec 2010 15:22:53 +0000 Slovar http://owni.fr/?p=37444 Enchantée par l’offre de la CFDT de « passer à autre chose » après le conflit des retraites, Laurence Parisot vient de communiquer aux syndicats son « agenda social ». Celui-ci, freine des 4 fers sur les jeunes et fait l’impasse sur l’emploi des seniors !

Le MEDEF n’a pas mis longtemps à réagir aux propos de Xavier Bertrand le ministre du travail qui avait indiqué : «  qu’il allait lancer une « concertation spécifique » avec les partenaires sociaux sur l’emploi des jeunes, notamment pour trouver de « nouveaux outils » sur l’alternance. »

Ami jeune, cesse donc de multiplier les diplômes !

Laurence Parisot, s’appuyant sur un courrier envoyé aux syndicats « pour leur proposer la « trame » d’un agenda social pour les deux années à venir » n’a pas retrouvé le ton « aimable », employé sur les plateaux de télévision, nous expliquent Les Echos.

Le contenu sera borné : « Il n’est pas question d’inventer un méandre de plus dans les usines à gaz des particularités contractuelles », a indiqué hier Laurence Parisot. Le mandat est plutôt d’ « améliorer, optimiser voire créer » des dispositifs « opérationnels », par exemple sur le logement des jeunes, un sujet déjà évoqué ces derniers mois.

Du côté de l’apprentissage, que Nadine Morano qualifie «d’ objectif national partagé», la réponse est nette :

L’accroissement des effectifs en apprentissage et en contrat de professionnalisation dépend d’abord du carnet de commandes, d’une simplification des procédures et d’une baisse de la durée de la formation en apprentissage.

En bref, il est urgent de ne rien faire ou alors en revoyant à la baisse la qualification des jeunes !

Voyons, jeune sans diplôme, ne vois-tu pas que les entreprises n'ont pas encore besoin de toi ?

En ce qui concerne l’emploi des seniors : le dossier est renvoyé … à plus tard, du fait que « Nous sommes prudents et souhaitons avancer pas à pas », a-t-elle indiqué, privilégiant la mise en oeuvre des plans d’action dans les branches et entreprises. »

C’est à dire immobilisme total pour une population que le MEDEF veut faire travailler plus longtemps !

Et pourtant, que déclarait le même MEDEF au sujet de l’emploi des seniors en mars 2006 ? « Trop de personnes en France sont écartées du marché du travail en raison de leur âge. Il faut faire changer les mentalités. » Puis en avril 2008 : « d’une part, et comme l’ont fait l’ensemble des pays européens, il faut relever l’âge légal de la retraite toutes les études et statistiques le montrent en effet chez nos voisins : les salariés restent plus longtemps dans les entreprises Ensuite, il faut supprimer la dispense de recherche d’emploi pour les plus de 57 ans et demi. Cette dispense n’incite pas à rechercher du travail. »

Persuadé d’avoir mis en place la flexsécurité

Mais peu importe pour Laurence Parisot a d’autres priorités. Dont une : « délibération économique sur le financement de la protection sociale (..) et « estime qu’il y a des « échanges utiles et intéressants à mener sur les questions de « vie au travail », notamment l’égalité hommes-femmes ou la lutte contre les discriminations. »

Ce qui ne coûte pas cher dans un cas et pourrait même rapporter gros aux entreprises dans l’autre !

Et de lancer cette phrase énigmatique :

La nécessité de franchir une étape supplémentaire dans la réflexion sur la mise en oeuvre des stages offerts aux jeunes pourrait nous conduire à aborder la question générale des contrats de travail dans le cadre d’une réflexion plus globale sur l’emploi et la sécurisation des parcours professionnels.

Ce qui fait dire aux Echos : « Une prudence sur la flexisécurité jugée assez étonnante au sein de l’exécutif. »

Il faut dire que le MEDEF est persuadé d’avoir mis en place la flexisécurité, en janvier 2008. mais que sa vision est assez … restrictive en termes d’embauches :

La présidente du Medef Laurence Parisot a salué « l’acquis majeur pour tous que constitue la rupture du contrat à durée indéterminée à l’amiable », dans un communiqué remis à la presse. «  C’est une vraie bonne nouvelle pour l’embauche en France qui se modernise et se dynamise ». Cathy Kopp qui conduisait la délégation patronale, a salué « une négociation en plusieurs points historique qui pour la 1ère fois en France créé une flexisécurité.

Séparabilité qui, rappelons le, porte à présent le joli nom de « rupture conventionnelle » et dont les seniors ont été les plus nombreux à découvrir cet « acquis majeur pour tous ».

Mais, les dernières déclarations de Laurence Parisot mettent un point final au catalogue de « bonnes intentions » du MEDEF.

Nous entrons maintenant dans un cycle où, tous ceux, à commencer par le Président de la République (probable candidat à un deuxième mandat), qui n’avaient pas saisi toute l’ampleur de la petite phrase issue du (seul) texte publié sur l’éphémère blog de la patrone des patrons : «  Nous avons contribué à changer la France, elle est devenue plus dynamique, plus présente dans le monde, plus consciente des défis à relever, plus réaliste. Il faut continuer ! » sont prévenus : le MEDEF fera roi … celui qui lui prêtera allégeance !

Billet publié intialement sur le blog de Slovar sous le titre : Agenda social du MEDEF : Les jeunes en “stand by” et les seniors sur la touche !

Photo FlickR CC World Economic Forum ; The Library of Congress.

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L’obsession de la flexibilité ? Un court-termisme économique dangereux http://owni.fr/2010/11/02/lobsession-de-la-flexibilite-un-court-termisme-economique-dangereux/ http://owni.fr/2010/11/02/lobsession-de-la-flexibilite-un-court-termisme-economique-dangereux/#comments Tue, 02 Nov 2010 10:39:12 +0000 Olivier Bouba-Olga http://owni.fr/?p=37067 Vous le savez tous : la France manque de flexibilité. Les commentateurs des rapports Ernst & Young sur l’attractivité de notre beau pays nous le disent tous les ans, ce qui leur permet de prédire la dégradation probable de notre situation pourtant flatteuse. Laurence Parisot idem, avec une formule inoubliable : « La vie, la santé, l’amour sont précaires. Pourquoi le travail échapperait-il à cette loi? »

En réfléchissant un peu, l’argument semble imparable, un manque de flexibilité étant synonyme de réduction des choix : si jamais vous avez fait un mauvais choix, vous ne pourrez que plus difficilement vous en défaire ; l’agrégation de ces dysfonctionnements conduit à des performances plus faibles. Redonnons donc de la flexibilité, de la liberté, et tout ira bien mieux.

Sauf que ce type de raisonnement souffre d’un biais important : il suppose que les acteurs ne prennent pas en compte, avant de décider d’un comportement, de ces différences de flexibilité. Or, on peut supposer qu’il n’en est rien : les acteurs agissant dans un environnement plus rigide intègrent ce fait à leurs calculs, adoptent des comportements différents, ce qui peut influer sur leurs performances futures. L’évaluation ex post d’un dispositif législatif plus rigide ne suffit donc pas, il convient également d’en évaluer les conséquences ex ante.

C’est précisément l’analyse que déroulent trois économistes dans un document de travail du NBER qui vient juste de paraître. Il s’intitule « Labor laws and innovation ». Voici le résumé, suivi de ma traduction :

Abstract

Stringent labor laws can provide firms a commitment device to not punish short-run failures and thereby spur their employees to pursue value-enhancing innovative activities. Using patents and citations as proxies for innovation, we identify this effect by exploiting the time-series variation generated by staggered country-level changes in dismissal laws. We find that within a country, innovation and economic growth are fostered by stringent laws governing dismissal of employees, especially in the more innovation-intensive sectors. Firm-level tests within the United States that exploit a discontinuity generated by the passage of the federal Worker Adjustment and Retraining Notification Act confirm the cross-country evidence.

Ma traduction

Un droit du travail restrictif peut inciter les firmes à ne pas sanctionner les défaillances de court terme et donc les conduire à encourager leurs employés à poursuivre des activités innovantes créatrices de valeur. En utilisant des données sur les brevets et sur les citations d’articles pour rendre compte de l’activité d’innovation, nous analysons cet effet en exploitant des données temporelles qui nous renseignent sur les changements observés dans certains pays relatifs aux lois sur les licenciements. Nous montrons qu’au sein d’un pays, l’activité d’innovation et la croissance économique sont renforcées par des lois plus restrictives sur le licenciement, spécialement pour les secteurs les plus intensifs en innovation. Des tests réalisés au niveau des entreprises américaines, qui exploitent une discontinuité liée au passage au Worker Adjustment and Retraining Notification Act, confirment ce résultat.

Article publié originellement sur le blog d’Olivier Bouba-Olga sous le titre Vive la rigidité !

Photos FlickR CC Gerlos ; World Economic Forum.

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