OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 RSF hacke la censure http://owni.fr/2012/07/23/rsf-hacke-la-censure/ http://owni.fr/2012/07/23/rsf-hacke-la-censure/#comments Mon, 23 Jul 2012 12:27:45 +0000 Sabine Blanc et Ophelia Noor http://owni.fr/?p=116718

Pentesting (test d'intrusion) de l'application WeFightCensorship de RSF à La Cantine, le 21 juillet 2012 - cc Ophelia Noor

Ils lui ont fait mal, ils lui ont fait mal, les hackers à la future plate-forme WeFightCensorship de Reporters sans frontières (RSF). Ce samedi, ils étaient conviés par l’ONG à un hackaton organisé à la Cantine à Paris pour tester la sécurité de l’outil. Vu l’enjeu, WeFightCensorship a intérêt à viser un système sûr au maximum. Lucie Morillon, en charge du bureau des nouveaux médias à RSF, présente le but du projet :

Jean-François Julliard, notre ancien secrétaire général, souhaitait mettre en avant le travail des gens qui ont été arrêtés ou ont été poursuivis pour s’être exprimé, en leur donnant une tribune, avec la traduction des textes censurés. Nous ferons remonter des documents en s’appuyant sur notre réseau.

La carte d’un monde d’espions

La carte d’un monde d’espions

OWNI en partenariat avec Wikileaks vous propose cette carte interactive permettant d'identifier toutes les sociétés à ...

Bien sûr, il peut aussi s’agir de photos ou de vidéos. Il sera aussi possible de soumettre de façon anonyme et sécurisée des contenus, dont la fiabilité sera vérifiée. Que les contenus proviennent de journalistes professionnels ou amateurs n’a pas d’importance : Internet a brouillé les frontières entre les deux, RSF l’a bien intégré et défend les deux du moment qu’ils diffusent de l’information.

Et quelle que soit leur origine, les documents mis en ligne bénéficieront d’une mise en contexte pour que le grand public comprenne les risques que prennent des blogueurs, par exemple, pour simplement exercer leur esprit critique contre leur gouvernement.

Par un jeu de sites miroirs, les contenus trouveront autant d’échos supplémentaires. Si un miroir tombe ou est bloqué, il y en aura toujours un autre en ligne et accessible.

Jouer sur l’effet Streisand

WeFightCensorship veut “rendre caduque la censure en jouant sur l’effet Streisand”, détaille Grégoire Pouget, webmaster de RSF. L’effet Streisand est un des grands principes qui régissent l’Internet : plus on essaye de censurer un contenu en tentant de le supprimer, plus il est dupliqué. L’actrice Barbara Streisand en avait fait l’expérience en essayant de faire retirer des photos de sa maison, donnant son nom à ce phénomène.

Le système doit donc assurer une sécurité maximale aux utilisateurs. RSF a fait appel à Linagora, son partenaire habituel, spécialisé dans l’open source, pour la développer. William Bonnet, le directeur technique de Linagora, a détaillé la longue liste des risques. Aperçu non exhaustif :

Il faut se prémunir conte l’identification des miroirs et la captation des données ou le blocage ; il faut diffuser du contenu en limitant le risque d’altération comme les fausses informations ou le défaçage ; protéger l’anonymat en ne gardant pas d’informations qui permettent de remonter aux contributeurs…

Architecture résiliente

C’est donc toute la palette des techniques de signature et de chiffrement qui a été utilisée, comme par exemple “le chiffrement des données de bout en bout” a-t-il détaillé. L’architecture globale a été conçue pour être au maximum résiliente :

L'architecture globale de WeFightCensorship - Cliquez pour agrandir.

C’est ce système complexe que les hackers ont été conviés ce samedi à passer à l’épreuve du feu. Et la bête semble bien robuste. Dès juin, la communauté avait été invitée à lui faire passer un premier crash-test, qui avait permis de colmater quelques belles brèches. L’ensemble tient maintenant bien la route, se réjouit fo0, membre du cluster Telecomix qui s’est illustré pendant les révolutions arabes en aidant les internautes à communiquer, et de façon sécurisée :

Le système est plus stable, même s’il n’est pas encore prêt à être mis en production demain, il ne présente pas vraiment de grosses failles, rien qui ne mette en danger la sécurité des gens. Cette séance permet à Linagora de se projeter à long terme. Nous avons juste eu un problème d’upload de fichier, il était trop lourd et le système a buggué.

Nous avons aussi pu réfléchir à quelques idées en cas de scénario d’attaque. Il faudrait par exemple essayer de faire passer un fichier infecté à travers toute la chaine de process, un virus qui passe l’anti-virus.

Wiliam Bonnet, directeur technique de Linagora qui a développé l'application We Fight Censorship, à La Cantine, Paris, juillet 2012 - cc Ophelia Noor

Car l’enjeu majeur est surtout de savoir réagir en cas de problèmes, qui ne manqueront pas de surgir. William Bonnet est aussi satisfait de cette journée qui a permis de renforcer les liens avec les hackers :

La journée s’est très bien passée, nous avons pu échanger des informations avec les testeurs.

L’expérience illustre une nouvelle fois la relation fructueuse que les ONG ont commencé à nouer avec cette communauté encore trop souvent mal vue, à tort. WeFightCensorship est d’ailleurs un bébé hacker, a rappelé Grégoire Pouget :

Il y a un avant et un après WikiLeaks, on les a soutenus d’ailleurs au début, avant que l’organisation ne connaissent des problèmes en ne prenant pas assez de précautions, ils avaient divulgués des noms. Nous nous en sommes inspirés, avec le côté ONG : le contrôle est plus important, l’idée n’est pas de produire des contenus bruts. Nous ne publierons rien sans l’accord de l’auteur pour ne pas aggraver la situation.

Sensibiliser encore plus les journalistes

Les hackers forment les journalistes

Les hackers forment les journalistes

La semaine dernière, hackers et journalistes avaient rendez-vous. L'objectif : apprendre à sécuriser ses connexions à ...

Le rapprochement entamé depuis 2010 avec cette communauté est logique, pour peu que l’on connaisse ses fondamentaux : non, ce n’est pas le piratage de carte bleue, mais la libre circulation de l’information. Et sa marotte pour la sécurité s’avère bien précieuse.

Parmi les collaborations notables, les J_Hack, des échanges entre journalistes, activistes et hackers. Cet hiver, une journée d’ateliers avait été monté pour apprendre aux journalistes à sécuriser leur connexion.

Des journalistes qui ont bien le réflexe de prendre un gilet pare-balles mais pas forcément une clé PGP pour chiffrer leurs communications, a regretté Lucie Morillon, alors que le contexte se dégrade :

WeFightCensorship servira aussi d’espace dédié à la sécurité, avec une boite à outils. Notre grande inquiétude, c’est la banalisation de la surveillance. Les SpyFiles de WikiLeaks ont montré l’étendu de ce marché.

Portrait de Lucie Morillon, chargée des nouveaux médias à RSF en juin 2012 à Paris - cc Ophelia Noor

D’ici son lancement début octobre, WeFightCensorship va encore peaufiner sa carapace, en profitant des retours d’expérience. “Ce hackaton n’est qu’une étape dans la vie du système”, poursuit William Bonnet. Les menaces évoluent, et les abris aussi : quand il s’agit de sécurité, c’est le hackaton continu. Le directeur technique conclut :

C’est à la fois une grande responsabilité et une grande fierté.

L’application à tester est accessible à ces deux adresses :

  1. http://miroir-prim-pub-01.wefightce… pour la partie publication
  2. http://miroir-contrib-01.wefightcen… pour la partie contribution

Texte Sabine Blanc
Photos Ophelia Noor pour Owni

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Le Canada à la chasse aux écolos http://owni.fr/2012/06/08/le-canada-a-la-chasse-aux-ecolos/ http://owni.fr/2012/06/08/le-canada-a-la-chasse-aux-ecolos/#comments Fri, 08 Jun 2012 15:38:54 +0000 Sylvain Lapoix http://owni.fr/?p=112939

En marge des manifestations des étudiants québecois contre la réforme des universités, le projet de loi de finance canadien soulève l’inquiétude parmi les militants et organisations écologistes. Présenté par le gouvernement conservateur de Stephen Harper, la “loi C-38″ (ou “Omnibus bill”) impacte directement, en plus du budget fédéral, de nombreuses lois environnementales et bouleverse la gouvernance et la représentation des citoyens dans les débats sur les ressources naturelles.

Eldorado

Du côté du gouvernement fédéral, ce projet de loi présenté par le ministre des Finances est promu comme un véritable tremplin économique : sous-titrée Jobs, Growth and Long-term Prosperity act (“loi pour l’emploi, la croissance et prospérité durable”), le “plan d’action” implique directement la plupart des ministères qui y ont injecté des propositions portant sur leur domaine de compétence. Interrogé par Owni, les services du ministère fédéral des Ressources naturelles affichent clairement l’objectif de ces réformes :

500 milliards de dollars canadiens d’investissement sont attendus portant sur les 500 principaux projets économiques à travers le Canada dans les dix prochaines années. Pour capitaliser sur ces opportunités, “Loi pour l’emploi, la croissance et prospérité durable” comprend des mesures visant à l’accomplissement du plan gouvernemental pour le développement responsable des ressources (RRD), qui vise à rendre les procédures d’instruction des dossiers plus prévisibles et limitées dans le temps, ainsi qu’à faciliter les investissements et la planification des décisions qui permettront la création d’emploi et la croissance économique, tout en renforçant la protection environnementale.

Parmi les exemples présentés en réponse à notre demande, le ministère cite notamment “le renforcement de la sécurité des tankers et des mesures de réponse aux marées noires et l’augmentation annuelle des inspections de pipeline”. Deux mesures qui ciblent une des grandes priorités du gouvernement : le développement de l’Eldorado pétrolier canadien.

Chantage au pétrole sale

Chantage au pétrole sale

Gros exportateur de carburant issu des sables bitumineux, le Canada est visé par une directive sur la qualité de l'énergie ...

En plus des gisements de sables bitumineux d’Alberta (forme de pétrole non mature extrait par injection de vapeur à haute pression), le ministère des Ressources naturelles compte sur le potentiel “off shore”, au large de la côte est du pays, et au riche sous-sol des zones arctiques. Un boum énergétique dont les fumées montent au nez des écologistes.

Les ONG environnementales, elles, n’ont pas tout à fait retenu les mêmes points de révision de la législation que le ministère dans le C-38 : pour “alléger” la procédure, la loi prévoit en effet une réduction de la durée de l’expertise scientifique et des consultations publiques, des réductions de budget pour les agences de contrôle environnemental, la réduction des prérogatives du Energy national board dans les décisions concernant les attributions de permis… Une logique qui ne se réduit pas au domaine énergétique, comme le souligne Maryam Adrangi du Conseil des Canadiens :

La législation canadienne sur la pêche était l’une des plus protectrices au monde mais, avec le C-38, elle a presque été démantelée : elle n’a plus vocation à protéger la biodiversité des espèces canadiennes mais seulement celles qui sont économiquement valorisables. Nous ne pouvons plus, en l’état, l’appeler législation sur la pêche. La loi transforme tout en dispositif de validation pour l’industrie.

Blackout

Mais le C-38 ne se contente pas de tailler dans le vif de la législation environnementale : il met le couteau sous la gorge même des organisations écologistes. “Les consultations sont limitées, le ministre a le pouvoir d’annuler nos recommandations…”, énumère Loïc Dehoux, de l’ONG Equiterre. Mobilisés avec des organisations sociales également visées par certaines mesures de la loi de finances, ils ont coorganisés lundi 4 juin une journée de blackout sur le web pour sensibiliser le grand public aux implications de la loi en matière de gouvernance. Intitulée #SilenceOnParle, cette manifestation numérique s’est doublée d’événement à travers le pays, de Vancouver à Toronto.

Campagne #Silenceonparle

Anil Naidoo, chargé de représenter le Conseil des Canadiens lors des auditions parlementaires sur la loi, considère ce plan comme “le pire texte de loi de l’histoire du Canada et un moment grave dans la démocratie”. Un texte par ailleurs présenté selon des dispositions qui garantissent à 100% son adoption :

En intégrant ces propositions au projet de loi de budget, ils font de cette proposition de loi un vote de confiance pour le gouvernement. Or le Parti conservateur de M. Harper dispose de la majorité absolue, ils n’ont donc aucun intérêt à la renverser. Le débat est complètement muselé : alors que les libéraux et les écologistes ont déposé des centaines d’amendements, les parlementaires de la majorité n’en ont même pas déposé un pour corriger les fautes de frappe !

Député de Colombie Britannique, le conservateur David Wilks s’était piqué le 22 mai de critiquer la proposition de loi du gouvernement dans une réunion publique, assurant lors d’une réunion publique qu’il s’élèverait “et dirait au gouvernement Harper qu’il doit se débarrasser de la loi C-38″. La déclaration aurait pu rester discrète si un militant ne l’avait postée sur YouTube, déclenchant l’ire de la majorité et la verve des commentateurs.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Sollicité de toute part, l’élu s’est empressé de retropédaler d’un très plat communiqué de presse publié sur son site :

Je souhaite clarifier ma position quant à la loi C-38, pour l’emploi, la croissance et la prosperité durable. Je soutiens cette loi et les mesures en faveur de l’emploi et de la croissance dont elle va faire bénéficier les canadiens de Kootenay-Colombie [circonscription dont il est élu] et à travers le pays tout entier.

Fisc

Au delà de la gouvernance, la C-38 modifie le fonctionnement même de ces groupes. Si la loi limitait déjà à 10% de leur budget les dépenses des organisations caritatives dans leurs recours juridiques, le projet de loi sur le budget renforce très sensiblement les pouvoirs du fisc en matière de contrôle. Interrogé par Owni, la Canada Revenue Agency a exposé ses nouvelles prérogatives vis-à-vis des organisations à but caritatif :

Ces nouvelles mesures ont pour but d’aider les organisations à but caritatif à mieux comprendre les règles liées aux activités politiques, afin qu’elles utilisent leurs ressources de manière appropriées. […] Le C-38 [propose] d’améliorer la transparence en exigeant des organisations à but caritatif qu’elles fournissent plus d’informations sur leurs activités politiques, notamment la proportion dans laquelle ces dernières sont subventionnées par des sources étrangères.

L’origine des fonds des ONG environnementales ne se révèle pas utile que pour de banales considérations fiscales : à plusieurs reprises, les membres du gouvernement et de la majorité ont pointé les activités d’organisations telles que Greenpeace Canada ou le Conseil des Canadiens comme étant “financés par des fonds étrangers”, induisant par ce fait de lourds sous-entendus politiques. Anil Naidoo a dû faire face à ces accusations :

La part de financement étranger dans nos activités est marginale, de l’ordre de 5%. Mais ça n’a pas empêché le parti au pouvoir de s’en saisir pour nous accuser de faire le jeu de nos concurrents commerciaux : pour décrédibiliser toute campagne critiquant l’industrie pétrolière, les conservateurs n’ont pas hésité à nous faire passer pour des agents à la solde des intérêts américains. Ils sont beaucoup plus conciliant lorsqu’il s’agit de voir des intérêts pétroliers étrangers financer des campagne de lobbying en faveur des sables bitumineux.

Depuis l’entrée en fonction du gouvernement Harper en mars, une vague de contrôle a frappé les organisations caritatives, qu’elles soient sociales ou environnementales. Première victime de ce mouvement, l’ONG Physician for Global Survival, créé il y a 32 ans pour promouvoir le désarmement nucléaire, s’est vu retirer son statut fiscal en mai dernier, pour avoir dépassé la limite de frais d’avocat imposée par la loi.

Grenelle totalisé

Grenelle totalisé

L'État vient d'enterrer l'une des dernières mesures du Grenelle de l'environnement. Contre l'avis du ministère de ...

Avec la C-38, le retrait du statut d’exemption fiscale accordé aux organisations caritatives sera facilité. Une perspective au regard de laquelle certaines personnalités désireuses de garder leur liberté d’expression sur les polémiques environnementales ont fait un pas en arrière pour ne pas engager leur organisation, comme David Suzuki, lequel a démissionné de la présidence de sa fondation pour ne pas risquer de la voir privée de financements.

Extrémistes

Avant même d’être inscrite dans la loi, la stigmatisation des organisations écologistes avait trouvé une place inattendue dans un rapport publié en février sous le titre : Renforcer la résilience face au terrorisme : Stratégie antiterroriste du Canada. Ce document d’orientation publié par le ministre fédéral de la Sécurité intérieure prévoyait un petit paragraphe consacré aux “extrémistes d’origine intérieure” préfigurant les nouveaux rapports entre le gouvernement et les ONG :

Le niveau de violence des groupes extrémistes militant pour des causes précises qui opèrent à partir du Canada n’est pas aussi élevé que celui d’autres pays, mais demeure une réalité au pays. Ces groupes extrémistes sont enclins à faire des revendications — légitimes ou illégitimes — portant sur la défense de diverses causes telles que les droits des animaux, la suprématie blanche, l’environnementalisme, et l’anticapitalisme. D’autres sources historiques d’extrémistes d’origine intérieure sont moins menaçantes.

Pour les militants écologistes, la mention des environnementalistes aux côtés de mouvements terroristes reconnus coupables d’actions meurtrières sur le territoire canadien était sans ambiguïté. “Le mot “terroriste” a déjà été utilisé pour qualifier des militants anti-sables bitumineux”, glisse un responsable de campagne climat d’une ONG canadienne. Ne manquait à cette théorisation que la marque des bottes dans la boue des sites pétroliers. Lesquelles se sont creusées dès le mercredi 6 juin en Alberta, sous les ordres du gouvernement de la province : un détachement de policiers, d’agents des douanes et de membres de la garde nationale montée a été constitué en “unité anti-terroriste” avec pour mission de sécuriser les sites d’extraction des sables bitumineux ainsi que le tracé du pipeline Nothern Gateway (“Passage Nord”), reliant les mines aux ports de Colombie Britannique, à l’Ouest.


Couverture réalisée à partir d’une photo de Michael Sarver [CC-byncsa] par Ophelia Noor/Owni

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Drones d’intérêt général http://owni.fr/2012/06/03/telecomix-syrie-ong-drone/ http://owni.fr/2012/06/03/telecomix-syrie-ong-drone/#comments Sun, 03 Jun 2012 16:40:45 +0000 Sabine Blanc et Ophelia Noor http://owni.fr/?p=112381

Le drone

Ce samedi , au Salon des solidarités à Paris, un drôle d’engin vrombissait entre un stand de Médecin du Monde et une échoppe de bijoux équitables  : un drone miniature, présenté dans le cadre d’une rencontre “hackers et ONG“. La bestiole vient tout droit de Bretagne, où une poignée de membres du collectif d’hacktivistes Telecomix s’est attelé à son développement. Car ce drone n’est pas destiné à butiner dans le clair ciel français mais à aider les Syriens en lutte contre la dictature de Bachar el Assad.

KheOps, pseudo qui cache un jeune homme juvénile aux longs cheveux blonds, a lancé l’initiative, choqué par la mort des journalistes Marie Colvin et Rémi Ochlik cet hiver :

Il vaut mieux perdre un drone qu’un journaliste.

L’opération en Syrie vue de l’intérieur

L’opération en Syrie vue de l’intérieur

KheOps est l'un des hackers de l'opération menée en Syrie pour contourner la censure. Il revient sur la genèse du projet, ...

Au royaume de la do-ocratie chère aux hackers, peu importe les intentions, seuls comptent les actions concrètes. Depuis plusieurs semaines, KheOps, aidé d’autres “agents” Telecomix, comme ils se nomment, s’est donc attelé à construire un engin customisé.

Avec ce projet, Telecomix rajoute une pierre à l’édifice solidaire de 1 et de 0 qu’ils ont construits durant les révolutions arabes, selon son motto. Le collectif informel, pour reprendre l’expression de Tomate, un de ses agents allemands, “est une idée. L’idée de la communication libre. N’importe quel type de communication.” Tunisie, Égypte, et donc Syrie, le groupe a aidé et aide encore les peuples à utiliser Internet en toute sécurité, un véritable travail d’“éducation”. Alors que la Syrie semble avoir mis cette semaine un nouveau tour de vis et que le conflit s’enlise, les agents ne sont pas près de quitter ce terrain.

Documenter le projet

Le drone doit faciliter la récolte et la diffusion des informations, en se jouant des snipers en embuscade.  Ses spécifications obéissent donc à un impératif, comme l’explique KheOps :

La personne doit prendre le moins de risques possibles, elle doit pouvoir piloter à vue, grâce à une caméra.

Drones d’hacktivistes

Drones d’hacktivistes

Les drones sont partout. À l'origine utilisés par les militaires, ces engins sont détournés de leur usage, en particulier ...

La caméra est aussi équipée d’un émetteur pour que les images soient diffusées en direct, dans un rayon théorique de quelques kilomètres. Histoire de ne pas réinventer la poudre, le petit groupe de travail s’est aussi  inspiré des nombreux projets qui ont été développés ces derniers mois, dans ce même état d’esprit de surveiller les surveillants, comme occucopter, bidouillé par les manifestants du mouvement Occupy Wall Street. “Nous avons scotché des bouts épars avec du chatterton, poursuit Okhin, étique agent à très haut débit, le “cerveau”du drone, le contrôleur, existe par exemple déjà, et il s’agit ensuite de le patcher, en fonction de notre expérience.”

Pour être honnête, la démonstration de ce samedi a été un peu contrariée : “Il ne marche pas encore, il a marchoté hier, s’excuse KheOps. On n’y connait rien, on apprend sur le tas.” L’objectif est de le finir fin juin, le plus important étant de fournir une documentation claire pour que le drone puisse facilement être reproduit. Avec un effet pervers dont ils sont bien conscients : le drone pourra tout aussi bien être utilisé à des fins de répression.

Restera un problème à résoudre, amener le matériel, car les drones grand public et les caméras ne courent pas les rues en Syrie. Et c’est là que les liens que Telecomix a tissé avec quelques ONG peuvent être utiles, comme le rappelle Ksa :

On va se débrouiller pour les faire rentrer par les réseaux des ONG, via la Turquie, le Liban ou la Jordanie. On n’a pas forcément besoin des ONG mais avec, c’est mieux.

Les hackers forment les journalistes

Les hackers forment les journalistes

La semaine dernière, hackers et journalistes avaient rendez-vous. L'objectif : apprendre à sécuriser ses connexions à ...

Étonnant pour qui méconnait le milieu des hackers, le rapprochement avec les ONG en zone de crise est logique : sens de la bidouille-débrouille, le fameux DIY (Do It Yourself), liberté de communication comme principe sacré, nécessité de protéger son identité dans certaines circonstances, conscience aiguë de la fragilité des infrastructures techniques et donc de la résilience, sont autant de points d’accroche et surtout de collaboration. Les hackers ont déjà une longue tradition d’engagement actif, avec par exemple le collectif Hacktivismo, créé en 1999, une émanation du mythique Cult of the Dead cow, qui aurait le premier employé le terme d’hacktivisme en 1996. “Certains portent d’ailleurs la double casquette hackers-ONG”, note l’un des agents.

“On a déjà collaboré avec RSF (Reporters sans frontières, ndlr), rappelle KheOps, on les connait, on s’entend bien.” Avec la Fédération internationale des ligues des droits de l’homme (FIDH), la rencontre s’est faite “dès la fuite de Ben Ali, quand Telecomix a commencé à soutenir des organisations. Après évaluation des besoins, nous avons mis en place un coffre-fort numérique pour conserver les archives”, se souvient Nicolas Diaz. Avec ses longs cheveux qui rivalisent avec ceux de KheOps ou d’Okhin, Nicolas Diaz ne dépareille pas. Responsable du système d’information et webmaster de l’ONG, il est déjà en terrain familier. Nous avons développé des outils de communication chiffrés avec des membres de Ubuntu et de Telecomix”, précise-t-il. Pointus, hyper-réactifs, peu avares de leur temps, nos hacktivistes ont parfois besoin d’un peu de “pondération, face aux impératifs techniques”, analyse-t-il.

Cette union forte a déjà abouti au projet Syrian stories, lancé en mars. Cette plate-forme rassemble des vidéos sélectionnées et mises en contexte, en puisant dans les documents de Telecomix Broadcast System (TBS), une base de données mise en ligne au même moment.  Le tout forme une timeline-mémorial beaucoup plus éditorialisée que la matière assez brute (dans tous les sens du terme), de TBS. Et plus tard, inch’ allah, ces images pourront servir de preuve à charge dans des procès.

La Pirate Box

Telecomix : « hacker pour la liberté »

Telecomix : « hacker pour la liberté »

Telecomix n'a pas de leader, ni de hiérarchie. Ce n'est pas une organisation, mais une "désorganisation" bien réelle qui ...

Ils envisagent aussi de détourner le concept de la Pirate Box, qui en soi-même est un hack. À l’origine, la Pirate Box est un outil open source gros comme une boite à lunch qui émet un réseau wifi pour vous permettre de partager des fichiers avec n’importe qui, sans nécessité de dévoiler son identité. Une invitation à retrouver les joies du partage de la culture et de la culture du partage. En guise de partage de musique, l’outil version terrain de guerre pourrait servir à communiquer dans un périmètre critique, un immeuble bombardé par exemple. Leur Pirate Poney Box, comme ils ont baptisé avec humour leur version, est ainsi équipée d’un module de chat anonymisé. Peu coûteuses, “25 dollars chez les Chinois”, plaisante Okhin, alimentées par un panneau solaire, plusieurs Pirate Boxes pourraient former un mini-réseau maillé, qui passerait les informations de relai en relai.

Lulz et honneur

En un an, Telecomix a acquis une belle notoriété que ses agents étaient loin d’imaginer. “Hype”, entouré d’une aura de magicien de la technique, les hacktivistes sont sollicités de toutes parts. “Nous ne pouvons pas aider tout le monde, tranche Okhin, les ONG ne doivent pas dépendre des hackers mais être autonomes. Nous mettons en ligne de la documentation, utilisez-la ! Et puis ce serait mauvais pour notre égo qu’on devienne des James Bond.”

On leur fait confiance pour éviter cet écueil, tant le lol fait partie de leur ADN.  Ces jeunes gens en baggies et baskets ont conscience de la gravité des événements mais leur approche reste ludique, parce que le goût pour le défi technique est inhérent aux hackers. Ils n’oublient jamais non plus ce pas de côté salutaire, la pirouette distanciatrice. Un peu comme si le général de Gaulle avait glissé un LOLcat entre deux missives. Une philosophie résumée d’une phrase, jetée dans un éclat de rire par un Okhin monté sur ressorts caféinés :

On ne fait rien d’extraordinaire à part ne pas dormir. Si ça nous faisait chier (sic) de sauver le monde, on ne le ferait pas.


Texte Sabine Blanc et photos Ophelia Noor

À lire aussi L’open source au service de l’humanitaire, le compte-rendu d’une autre conférence organisée dans le cadre de la rencontre hackers et ONG

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http://owni.fr/2012/06/03/telecomix-syrie-ong-drone/feed/ 21
Occuper Wall Street sans Dieu, ni maître http://owni.fr/2011/10/25/occuper-wall-street-sans-dieu-ni-maitre-anonymous-politique/ http://owni.fr/2011/10/25/occuper-wall-street-sans-dieu-ni-maitre-anonymous-politique/#comments Tue, 25 Oct 2011 10:47:59 +0000 Anita Kirpalani (Youphil) http://owni.fr/?p=84621 Occupy Wall Street a commencé son deuxième mois de protestation avec un soutien qui ne faiblit pas, bien au contraire. Ce mouvement sans mégaphone a fini par recevoir l’appui de bon nombre d’ONG et de syndicats qui se sont ralliés au mouvement. Mais les indignés américains tiennent pourtant à rester indépendants, et pas seulement politiquement.

Sans l’argent de Soros, sans la logistique des syndicats

C’est souvent par le biais de plusieurs emails d’organisations diverses que les sympathisants ou curieux reçoivent des informations sur Occupy Wall Street. Dans une newsletter de l’organisation MoveOn.org, on pouvait lire:

Au risque de prononcer une évidence, ces occupations ne sont pas organisées par MoveOn.[...] mais tout le monde doit mettre du sien et aider.

La semaine dernière, c’est un des deux plus grands syndicats américains,AFL-CIO, qui a apporté son soutien au mouvement. Mais les acteurs de la vie associative et politique américaine semblent avoir été pris de court. « Ce mouvement a été mis en place en dehors des partis politiques, des ONG et des syndicats, et ça les a pris par surprise », explique Andrew Sabl, professeur associé de politiques publiques et sciences politiques à l’université de UCLA.

Certains supposaient sans fondement que George Soros et son Open Society Institute étaient derrière le mouvement. En réalité, c’est une fondation et un magazine anticonsumériste et artistique canadien,Adbusters qui en sont l’origine.

« Depuis 1968, je rêvais qu’un mouvement global puisse avoir lieu. Après la Tunisie et l’Egypte, je me suis dit qu’un Tahrir américain était possible, explique Kalle Lasn, rédacteur en chef d’Adbusters. Nous avons juste eu l’idée d’occuper le coeur du capitalisme, Wall Street, puis nous avons appelé ça « Occupy Wall Street », nous avons créé le poster qui a lancé l’appel, choisi la date du 17 septembre, et c’était parti. »

C’est grâce à Twitter et à son fameux hashtag #OccupyWallStreet, ainsi qu’au soutien d’Anonymous, le groupe de désobéissance civile sur internet, que les choses se sont enchaînées. « Après, ce sont les gens sur le terrain qui ont tout organisé et ramené du monde. Le mouvement a pris, et nous sommes passés dans les coulisses », commente Kalle Lasn.
Ce n’est que bien plus tard qu’ONG, syndicats et groupes politiques se sont ralliés au mouvement. Les soutiens se font d’ailleurs dans les deux sens. Le 23 septembre 2011, des membres d’Occupy Wall Street ont interrompu les enchères chez Sotherby’s, par solidarité avec le syndicat Teamsters Local 184 alors en pleine dispute salariale avec la salle des ventes.

« Un compliment et une leçon politique » pour les ONG

Le 5 octobre, John Samuelsen, président de TWU Local 100, un syndicat qui représente les métiers du transport à New York, s’est ainsi exprimé dans l’émission Countdown:

Les gens de Wall Street ont fourni l’étincelle à la main-d’oeuvre syndiquée. [...] Avec nous c’était toujours la même vieille chanson: parler aux hommes politiques dans les couloirs à Albany ou à Washington D.C. Ça n’a tout simplement pas marché pour les travailleurs. Alors que descendre dans la rue [...], ça marche.

Pour certains comme Bill Dobbs, membre du comité relations publiques d’Occupy Wall Street, porte-parole de l’ONG United for Peace and Justice et activiste de longue date:

C’est un compliment et une leçon politique. Cela montre que les ONG ou les syndicats peuvent être corrompus par les politiciens. Nous avons sonné l’alarme et les gens ont commencé à écouter. Le slogan ‘We are the 99%’ (ndlr: nous sommes les 99%) fait maintenant partie de l’imaginaire collectif.

Mais c’est surtout l’indépendance du mouvement qui semble être son point fort. Pour l’expliquer, Bill Dobbs fait le parallèle entre les ONG actives dans la lutte contre le SIDA dans les années 80, et dont il faisait partie au sein d’Act Up.

Beaucoup d’ONG avait été mises en place pour faire face au SIDA. Elles ont fait un travail incroyable mais le traitait comme un simple problème médical, justement parce qu’elles avaient peur de perdre leurs financements et avaient donc peur des dimensions politiques plus larges du problème. Elles ne remettaient pas en cause le système. C’est là que l’activisme, le volontariat ont commencé à se mettre en place, en 1987. Les quatre vérités ont enfin été dites. C’est la même chose avec Occupy Wall Street. Avant tout, ce sont des bénévoles, et c’est ça qui fait la différence.

Mais la question qui taraude tout le monde est de savoir comment un tel mouvement peut faire valoir ses revendications sans porte-parole ni demandes précises.

Pour Andrew Sadl, ce type de mouvement aurait par le passé eu besoin du soutien d’organisations, de syndicats ou de groupes religieux. « A l’âge d’internet, les questions d’infrastructure, de financement, de participation et de distribution de l’information n’ont pas autant besoin d’être institutionnalisées », explique-t-il. « Quant à négocier avec le gouvernement, on ne voit plus un grand syndicaliste serrer la main du Président pour sceller la résolution d’un conflit comme par le passé. Il n’y a pas forcément besoin de quelqu’un pour négocier au sommet », rajoute-t-il.

L’AG pour seul tête… mais jusqu’à quand ?

Le Tea Party, qui refuse d’avoir de porte-parole, a par exemple beaucoup de poids dans la politique américaine. « Mais leur influence vient du fait qu’ils réussissent à faire peur aux hommes politiques », commente Andrew Sadl pour qui l’allergie d’Occupy Wall Street aux politiques électorales finira par freiner les indignés.

En effet, accepter de rentrer dans le jeu électoral demeure un grand moyen de pression et de négociation aux Etats-Unis. Les grands partis dépendent des groupes, associations, syndicats, et petits partis pour leur campagne, que ce soit en termes de réseau, de main d’œuvre ou de financement. Les difficultés rencontrées par les Républicains et les Démocrates, respectivement dans l’Utah et l’Arkansas, lors des dernières élections législatives ont montré qu’une perte de soutien au niveau de ces groupes pouvait faire basculer leurs campagnes.

Pour le moment, les seuls liens officiels qu’Occupy Wall Street entretient avec d’autres ONG sont d’ordre pratique. Alliance for Global Justice, une organisation qui vise à atteindre plus de justice par le biais d’un mouvement de base internationalisé, s’occupe de reverser aux indignés les dons que ceux-ci ne peuvent pas encore recevoir directement. Les indignés ne disposent pas encore de statut fiscal et juridique leur permettant de récolter de l’argent. Se décider à remédier à ce problème pourrait aussi symboliquement leur servir à se définir.

L’affiliation avec les syndicats et les organisations pourrait comporter un risque de reprise du mouvement. Dans l’émission Countdown, John Samuelsen affirmait ainsi que les syndicats étaient le pendant des indignés (la « force » des premiers complétant « l’enthousiasme » des derniers), en fournissant les ressources dont le mouvement ne dispose pas.

Les indignés sont cependant déterminés à rester sans leadership – en tous cas autre que celui des assemblées générales organisées chaque jour – et encore moins à lâcher les rênes du mouvement à des organisations plus institutionnalisées. Pour Kalle Lasn, c’est sans appel: « ce serait le baiser de Judas! Ce serait un coup fatal si on s’acoquinait avec les syndicats, voire avec les groupes démocrates, car ce serait se lier avec une structure de pouvoir existante. Nous devons rester indépendants si on veut restructurer un système politique corrompu. »

D’autres, comme Andrew Sadl, sont plus prudents : « je pense qu’Occupy Wall Street va finir par une scission, comme ça a été le cas avec le parti vert en Allemagne au tout début. Une partie restera autonome, sans demande formelle ou codifiée, et l’autre sera plus pragmatique et acceptera de rejoindre des groupes progressistes. Je pense que le choix se fera au moment des élections de 2012. Il faudra choisir de s’impliquer, ou pas. »


Article publié à l’origine sur le site Youphil sous le titre Occupy Wall Street, la révolte sans leader.

Retrouvez le dossier d’OWNI Occuper Wall Street et son esprit et tous les articles consacrés à ce mouvement sur notre site.

Illustrations et Photos via Flickr par Paternité david_shankbone ; PaternitéPas d'utilisation commercialePartage selon les Conditions Initiales waywuwei.

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D’où vient l’argent de WikiLeaks? http://owni.fr/2011/05/01/dou-vient-largent-de-wikileaks/ http://owni.fr/2011/05/01/dou-vient-largent-de-wikileaks/#comments Sun, 01 May 2011 10:00:26 +0000 Olivier Tesquet http://owni.fr/?p=60312 Annoncé depuis des semaines, pour ne pas dire des mois, le fameux rapport financier (PDF, en) sur les finances de WikiLeaks en 2010 vient de sortir. Fourni par la Wau Holland Foundation, la structure allemande proche du Chaos Computer Club qui permet à l’organisation d’Assange de lever des fonds, il quantifie les dons et fournit les premières pistes d’analyse.

Ironiquement intitulé “Enduring Freedom of Information” (en référence à la fameuse opération militaire américaine en Afghanistan), le document de six pages met d’abord en lumière un premier chiffre saillant, celui des recettes: WikiLeaks a recueilli plus d’1,3 millions d’euros de dons l’année dernière, équitablement répartis entre les versements bancaires et les “cotisations” via Paypal.

On est bien loin du fundraising industriel de Barack Obama lors de la dernière campagne présidentielle américaine (il avait amassé 750 millions de dollars), mais assez proche des dons faits aux ONG de premier plan: en 2009, Médecins Sans Frontières a encaissé 3,3 millions d’euros de dons (PDF). Pourtant, WikiLeaks est une organisation beaucoup plus volatile, sans adhérents officiels. Conséquence directe de cette agilité, le site n’a utilisé que 30% (400 000 euros) de cette manne pour ses frais de fonctionnement.

Le compteur du fundraising (en millions d'euros)

La raison? Pas de locaux, une équipe réduite, et une communication “commando” orchestrée de façon virale. En elles-mêmes, les quatre “opérations” menées en 2010 ont coûté 140 000 euros, un prix assez dérisoire au regard de leur prééminence dans l’agenda médiatique. Seul regret: l’absence de détails au chapitre “rémunérations”. On apprend que WikiLeaks a payé 104 000 euros à ses “salariés”, sans que leur nombre soit précisé. “Seuls quelques chefs de projet et activistes ont été rémunérés régulièrement sur la base de factures”, peut-on lire dans un jargon d’autoentrepreneur.

Autre point très brièvement évoqué, celui qui concerne le volet judiciaire. Le site concède 33 000 euros en “conseil légal”, tout en précisant que ce chiffre (au demeurant assez faible quand on connaît la propension de WikiLeaks à utiliser ce levier pour recueillir de nouveaux dons) ne recouvre pas les affaires individuelles. En d’autres termes, l’affaire de mœurs dans laquelle est impliqué Julian Assange n’entre pas dans le budget de l’organisation.

Le poids de “Collateral Murder”

Alors qu’un grand jury américain pourrait finalement constituer un dossier afin de poursuivre l’organisation pour infraction à l’Espionage Act de 1917, ce premier bilan comptable vient éclairer deux tendances lourdes.

La première, c’est le poids de la vidéo Collateral Murder, qui montrait la bavure d’un hélicoptère Apache en Irak. Publiée en avril 2010, ce fait d’armes a apporté une notoriété mondiale à WikiLeaks, qui se traduit dans les dons. Ces quelques minutes postées sur YouTube ont rapporté près de 300 000 euros à l’organisation, 6 fois plus que les dizaines de milliers de Warlogs afghans et 8 fois plus que les rapports de situation irakiens. In fine, seul le Cablegate et le feuilleton médiatique de ses mémos diplomatiques sur plusieurs semaines a permis de lever davantage de fonds, environ 500 000 euros.

Moralité de cet échelonnement, les initiatives qui permettent de souder la communauté des sympathisants ont moins à voir avec la quantité de documents qu’avec leur mode de diffusion et les retombées médiatiques dont elles bénéficient. C’est au mois d’avril et au mois de décembre que WikiLeaks a reçu le plus de dons via Paypal (les virements bancaires ne sont pas aussi détaillés), ce qui prouve que leurs soutiens ne donnent pas forcément plus d’argent, mais sont plus nombreux à mettre la main à la poche.

Il faut toutefois se méfier de la déformation indue par ces deux pics. Si la moyenne mensuelle des dons est de 110 000 euros, la médiane est deux fois plus faible, 59 000 euros. Même constat sur le nombre de versements mensuels, puisque la moyenne est de 2146 quand la médiane se situe légèrement sous le seuil des 1500 (1468).

Culture de la transparence

Outre le montant des contributions financières, le rapport de la Wau Holland détaille leur origine géographique, qui met en exergue un véritable enseignement culturel. Ainsi, 61,3% (près de 390 000 euros) des dons viennent de pays à forte culture protestante (Etats-Unis, Royaume-Uni, Allemagne), où la notion de secret et le rapport à la transparence des institutions sont beaucoup plus prégnants que dans les pays catholiques. Comme l’énonçait notre journaliste Guillaume Dasquié dans un de nos innombrables fils de discussion:

[Le protestantisme] n’entretient pas les mêmes relations avec le caractère secret des affaires publiques, et se montre plus intransigeant dans les rapports entre citoyens et décideurs publics.

A eux seuls, les Etats-Unis – qui sont probablement le premier lieu de débats enflammés autour de WikiLeaks – représentent 34,6% de l’enveloppe globale. Rien d’étonnant dans un pays où le concept d’accountability (littéralement la responsabilité, mais plus généralement l’éthique de la gouvernance) est si forte qu’une administration lui est dédiée: le Government Accountability Office, qui se présente lui-même comme “le chien de garde du Congrès”. Même si son rôle est purement consultatif (j’ai le souvenir d’une rencontre à Washington D.C. avec un fonctionnaire spécialiste de la défense un peu désabusé), son existence est importante.

Bien sûr, cette ligne de force, la plus signifiante, était préexistante à WikiLeaks. Mais elle devrait constituer un terreau favorable au développement de plate-formes du même genre, ce qui prouverait une chose: l’idée pourra survivre à l’outil.

Billet initialement publié sur le datablog d’Owni sous le titre “WikiLeaks par ses finances”

Retrouvez l’ensemble de notre traitement éditorial sur WikiLeaks à cette adresse: wikileaks.owni.fr


Crédits photo: Wau Holland Foundation, Abode of Chaos

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Les ONG comptent les morts de Duékoué http://owni.fr/2011/04/13/les-ong-comptent-les-morts-de-duekoue/ http://owni.fr/2011/04/13/les-ong-comptent-les-morts-de-duekoue/#comments Wed, 13 Apr 2011 11:30:42 +0000 Solène Cordier http://owni.fr/?p=56714 Dans n’importe quel conflit, la publication du nombre de morts a des conséquences stratégiques. En Côte d’Ivoire, depuis le début des affrontements violents entre les partisans de Laurent Gbagbo et ceux d’Alassane Ouattara, les estimations qui paraissent dans la presse restent vagues : le 6 avril, l’ONU évoquait “des dizaines de morts” à l’arme lourde à Abidjan lors des combats annoncés comme décisifs, une dépêche de l’Agence France Presse précisant toutefois que “le bilan des morts pourrait être beaucoup plus lourd”.

Seuls les affrontements, a priori intercommunautaires, qui se sont déroulés entre le 27 et le 29 mars ont donné lieu à des estimations précises… et multiples. Ces combats, qui se sont déroulés à Duékoué, dans l’ouest du pays, ont marqué un tournant important dans l’avancée des troupes pro-Ouattara.
Agrandir le plan

Très vite, les organisations humanitaires présentes sur place ont communiqué un bilan des morts. Pour l’ONU, 330 Ivoiriens ont été massacrés à Duékoué. Le Comité International de la Croix Rouge (CICR) a de son côté dénombré “au moins 800 victimes” tandis que l’ONG Caritas évoquait un millier de morts.

Cette dernière estimation n’a pas été du goût de l’ambassadeur de Côte d’Ivoire en France, Ali Coulibaly, qui a déclaré au micro de France Info le 4 avril:

Et c’est Caritas, le Secours catholique ici, une ONG proche de l’Eglise, qui avance ce chiffre de 1000 morts, sans aucune investigation. Quand on sait que cette ONG est proche de l’Eglise, et que l’Eglise n’a jamais voulu de la victoire d’Alassane Ouattara (…) c’est quand même sujet à question ce que Caritas est en train de faire.

Un porte-parole de Ouattara avait de son côté indiqué le 3 avril avoir dénombré 152 cadavres, et non des centaines.

Évaluer le nombre de victimes

Au-delà de l’aspect macabre, cette diversité de chiffres pose la question de l’évaluation du nombre de victimes lors d’un conflit. Les méthodes employées par les ONG pour parvenir à un décompte sont diverses.

Pour calculer par exemple un taux de mortalité provoqué par une épidémie, les humanitaires utilisent la méthodologie des sondages : un “échantillon représentatif” de la population est sélectionné et interrogé sur les pertes subies dans une période donnée. Un ratio est alors trouvé. De même, les ONG qui interviennent dans les camps de réfugiés ont recours à ce type de procédés.

Une autre méthode consiste à compter le nombre de cadavres retrouvés après un combat, soit de visu, soit en cherchant les tombes fraiches dans un périmètre correspondant à celui des affrontements.

Enfin, certaines ONG utilisent un procédé plus indirect, qui repose sur des discussions avec des témoins oculaires. Cette méthode, fréquente, a l’inconvénient d’être forcément plus approximative car, comme l’explique le médecin Rony Brauman, ancien président de Médecins sans Frontières (MSF) :

On est souvent pris par un mouvement de sympathie vis-à-vis des gens qui rapportent des massacres.

Dans le cas de Duékoué, il est probable que l’ONG Caritas ait eu recours à ces témoignages pour parvenir au bilan de 1000 morts. Interrogés, les représentants du Secours Catholique, la branche française du réseau Caritas, et ceux de Caritas International n’étaient pas en mesure mercredi 6 avril de répondre à ces questions, les délégués de Caritas Côte d’Ivoire étant “injoignables depuis le 4 avril”.

Beaucoup d’ONG ne procèdent pas elles-mêmes à ces comptages, préférant s’appuyer – quand ils existent – sur les chiffres des Nations Unies ou du CICR. Ce dernier est la seule organisation humanitaire disposant d’un mandat de droit international issu des conventions de Genève. Sa mission est d’intervenir dans les crises humanitaires résultant de conflits armés internationaux ou nationaux. Sa neutralité est unanimement reconnue par l’ensemble des acteurs de l’humanitaire.

En Côte d’Ivoire, nombreux sont ceux qui n’accordent pas le même crédit aux informations provenant de l’ONU, considérée comme partie prenante du conflit.

Le CICR sort de sa réserve

Or, à la différence de certaines ONG, qui ont parfois une logique de communication alarmiste, il est peu fréquent que le CICR alerte l’opinion en publiant des chiffres. Pour Frédéric Joli, porte-parole de l’organisation en France, “dans le cas de Duékoué, nos délégués présents sur place ont recueilli des témoignages directs suffisamment alarmants pour qu’un décompte des morts soit effectué et que nous communiquions dessus.” C’est donc assez exceptionnel que le CICR sorte de sa réserve. Au Darfour par exemple, aucun chiffre des massacres n’avait été communiqué à chaud.

Les ONG et le CICR n’adoptent donc pas la même attitude face aux chiffres. Pour les premières, rendre compte de l’ampleur d’un massacre le plus rapidement possible permet parfois de justifier leur présence sur place et de disposer ainsi d’un argument de poids pour obtenir des fonds des bailleurs internationaux. Certaines visées politiques, assumées ou non, peuvent aussi sous-tendre ces annonces.

Dans le cas présent, cette bataille des chiffres intervient dans un contexte politique très tendu. Les massacres ont dans un premier temps été imputés aux partisans de Laurent Gbagbo avant que les forces de Ouattara, le candidat de la communauté internationale, soient accusées par l’Onuci d’être “en grande partie” responsables.

Une enquête internationale a été demandée. Il est fort probable qu’il se passe longtemps avant que l’on sache combien de gens sont morts à Duékoué entre le 27 et le 29 mars 2011.



Article initialement publié sur Youphil sous le titre : “Côte d’Ivoire : comment les ONG comptent les morts”

Photo FlickR by-sa Sunset Parkerpix

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Humanitaire: comment cibler de nouvelles générations de donateurs? http://owni.fr/2010/10/10/humanitaire-comment-cibler-de-nouvelles-generations-de-donateurs/ http://owni.fr/2010/10/10/humanitaire-comment-cibler-de-nouvelles-generations-de-donateurs/#comments Sun, 10 Oct 2010 08:00:36 +0000 IRIN http://owni.fr/?p=30564

DAKAR, 1 octobre 2010 (IRIN) – Les donateurs âgés sont la poule aux œufs d’or des organisations d’aide humanitaire ou d’aide au développement, selon plusieurs organisations non gouvernementales (ONG) avec lesquelles IRIN s’est entretenu ; mais de nombreuses ONG, confrontées au vieillissement de leur base de soutien, ciblent de plus en plus les enfants, les jeunes et les jeunes adultes par le biais du réseautage social et des jeux vidéo.

Les donateurs individuels les plus généreux de l’ONG Action contre la faim (ACF) France, ont entre 65 et 70 ans, selon Nicolas Trombert, directeur par intérim des relations avec les donateurs au siège parisien de l’organisation ; les donateurs de la Croix-Rouge britannique appartiennent à une tranche d’âge semblable ; et ceux de Save the Children ont plus de 50 ans, selon Jeremie Bodin, directeur de la collecte de fonds d’urgence au sein de l’ONG.

Les donateurs âgés sont essentiels pour assurer le fonctionnement des organismes, et sont souvent plus sensibles aux réalités humanitaires, a noté James Kliffen, directeur de la collecte de fonds chez Médecins sans frontières (MSF) Royaume-Uni (UK). « Nombre de nos donateurs [britanniques] les plus âgés ont eux-mêmes connu la guerre… Cela demande beaucoup moins d’efforts pour leur expliquer ce que nous faisons », a-t-il dit à IRIN.

Malgré tout, il ne fait aucun doute que les jeunes d’aujourd’hui seront les donateurs de demain. « Nous nous efforçons d’attirer des donateurs plus jeunes – les jeunes professionnels de 25-30 ans – qui travaillent et souvent, n’ont pas encore d’enfants ; et nous aimerions toucher une cible encore plus jeune, pour que, lorsque ces personnes seront prêtes à faire un don, elles pensent à Save the Children », a dit M. Bodin à IRIN.

Avec les enfants, les jeunes et les jeunes adultes, ce n’est pas uniquement une question d’argent, a néanmoins expliqué Joanna Davies, responsable du développement de la base de soutien et des événements de collecte de fonds chez MSF Royaume-Uni.

Ce n’est pas tant une question de collecte de fonds [avec les jeunes], c’est une question de sensibilisation… et bien évidemment, cela évolue ultérieurement en collecte de fonds.

« Nous devons utiliser leurs outils pour communiquer »

Les organisations humanitaires avec lesquelles IRIN s’est entretenu – le Programme alimentaire mondial (PAM), Save the Children, ACF, Oxfam et MSF-UK – ont évoqué des méthodes traditionnelles de ciblage des enfants et des jeunes : les interventions scolaires ; la création d’outils d’apprentissage à l’attention des enseignants ; la formation de « sociétés étudiantes » dans les universités ; la diffusion de messages lors des festivals de musique ; le marketing de rue ; et l’organisation d’événements, entre autres nombreux exemples.

Les événements, divers et variés, vont des spectacles étudiants à d’autres divertissements plus épuisants : la branche britannique d’ACF organise actuellement le défi « twin peaks », qui aura lieu en novembre et dans le cadre duquel des collecteurs de fonds seront parrainés pour grimper en courant jusqu’au 67ème étage de deux édifices londoniens.

À mesure que le cybermonde se développe, tous disent employer des outils de réseautage social tels que Facebook, Twitter et YouTube pour inciter un public plus jeune à s’intéresser aux questions humanitaires. « Nous devons utiliser leurs outils pour communiquer », a dit M. Bodin.

Les jeux en ligne peuvent permettre de toucher des millions de personnes d’un seul coup : la société indienne d’apprentissage en ligne ZMQ a ainsi créé des jeux simples à répercussions sociales pour téléphones mobiles sur différents thèmes tels que le VIH/SIDA et les effets du changement climatique, et les a envoyés à 64 millions de personnes, a expliqué Asi Burak, co-président de l’ONG Games for Change, qui rassemble des philanthropes, des universitaires, des représentants des autorités publiques, de la société civile et de l’industrie du jeu en vue d’explorer la manière dont les jeux numériques peuvent catalyser le changement social.

Dans la peau d’une famille du Darfour

Par le biais de « jeux sérieux », les organisations humanitaires peuvent sensibiliser le public aux questions humanitaires et à la question du développement, renforcer leurs bases de soutien et collecter des fonds, a dit M. Burak, mais ceux-ci fonctionnent mieux lorsque l’objectif est clairement défini dès la phase de conception. Il est également essentiel de définir le public cible dans la tranche d’âge la plus étroite possible, et d’expliquer clairement le contexte, a-t-il ajouté.

Les utilisateurs apprennent par le biais du jeu de rôles et en affrontant les conséquences de leurs actes, a expliqué M. Burak. Dans Dying for Darfur [Mourir pour le Darfour], les utilisateurs choisissent un membre d’une famille darfourie et doivent lui faire effectuer différentes tâches – par exemple, aller chercher de l’eau – sans être tué, ni enlevé par une milice. Ce jeu Flash en ligne a été joué plusieurs millions de fois depuis sa sortie, en 2006.

Capture d'écran de Against all odds : si le joueur, dans la peau d'un manifestant arrêté, ne répond pas "correctement", il se prend un coup sur la tête.

Le PAM, un des premiers innovateurs dans ce domaine, a créé Food Force (le « premier jeu humanitaire », selon certains) en 2005, pour sensibiliser les utilisateurs à la faim, à la sécurité alimentaire mondiale et à ses opérations.

L’organisme travaille aujourd’hui en collaboration avec la société Zynga – créatrice de FarmVille sur Facebook – pour tenter de recueillir des fonds en faveur de ses programmes mondiaux d’alimentation scolaire. Les joueurs – une cible potentielle de 215 millions de personnes, selon le PAM – cliqueront sur l’icône « WeFeedback » pour découvrir combien de repas scolaires du PAM peuvent être achetés au prix de leur plat favori – par exemple, une salade César au poulet – et pourront ensuite choisir de faire un don.

Zynga a déjà aidé le PAM à recueillir 1,5 million de dollars à la suite du séisme en Haïti, en encourageant les joueurs de Fishville, YoVille, FarmVille et Café World à acheter des produits PAM.

« Les jeux ne sont pas un outil adapté à tout, a dit M. Burak. lls ne doivent pas se substituer aux autres médias, mais les compléter… Comme tout, ils sont un excellent outil lorsqu’ils sont utilisés correctement. »

D’aucuns craignent notamment que le jeu ne soit un moyen inadapté de transmettre des messages complexes notamment sur les enlèvements, les conflits ou l’expérience de réfugié, mais selon M. Burak, il peut, au contraire, être plus efficace. Pour illustrer son propos, celui-ci cite Peacemaker [Le Pacificateur], conçu pour sensibiliser les joueurs au conflit israélo-palestinien. « Les joueurs jouent le rôle de leaders, et doivent négocier avec huit groupes différents… Les utilisateurs ont déclaré que cela les avait aidés à saisir la complexité de la situation bien mieux que les événements isolés dont ils entendent parler aux actualités. »

Quelques jeux humanitaires

Against all odds, un jeu conçu pour les enfants de 12 à 15 ans, fait vivre aux joueurs l’expérience des réfugiés en 12 étapes, de la persécution à la demande d’asile

Dans Ayiti: the cost of life, créé par Youth et GameLab, les joueurs doivent faire vivre une famille haïtienne de cinq, veiller à ce qu’elle reste en bonne santé et à ce qu’elle soit instruite

Hurricane Katrina: tempest in Crescent City, suit les péripéties de héros locaux pendant la catastrophe Katrina, afin de dispenser aux joueurs des enseignements relatifs à la préparation aux catastrophes

Dans Third World farmer, les joueurs doivent gérer une petite ferme virtuelle dans un pays en développement

Dans un jeu créé par la Croix-Rouge, les joueurs suivent une simulation de formation et participent à des opérations d’urgence virtuelles sur le terrain

Wildfire, réalisé par By Implication a récemment remporté le concours étudiant international Imagine Cup, sponsorisé par Microsoft, dans la catégorie Conception de jeux. Le jeu s’inspire des efforts de bénévolat déployés par les Philippins à la suite des inondations provoquées par le passage du typhon Ondoy, à Manille, en 2009.

Nicholas Kristof, chroniqueur du New York Times, crée actuellement, en collaboration avec 54 ONG, un jeu en ligne inspiré du succès de son livre Half the Sky [La Moitié du ciel], sur l’oppression de la femme. Ce projet comprendra également une application pour téléphones mobiles, une émission télévisée et un documentaire en ligne.

Billet initialement publié sur le site de l’IRIN. L’Integrated Regional Information Networks est un projet du Bureau pour la Coordination des Affaires Humanitaires des Nations Unies qui délivre des informations et des analyses dans le secteur de l’humanitaire.

Image CC Flickr RedGlow82

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L’âge adulte de l’activisme sur Facebook http://owni.fr/2010/09/24/l%e2%80%99age-adulte-de-l%e2%80%99activisme-sur-facebook/ http://owni.fr/2010/09/24/l%e2%80%99age-adulte-de-l%e2%80%99activisme-sur-facebook/#comments Fri, 24 Sep 2010 15:20:46 +0000 Nicolas Kayser-Bril http://owni.fr/?p=29392 Le 4 février 2008, 12 millions de personnes ont défilé contre les FARC, un groupe paramilitaire colombien. 40 fois la manif du 23 septembre dernier ! Pourtant, aucun syndicat n’était là pour pousser les participants dans la rue. Un million de voix contre les FARC a été lancé par un programmeur colombien de 28 ans uniquement sur Facebook. Son groupe, ouvert fin janvier 2008, a rassemblé des dizaines de milliers de membres en quelques jours. La couverture médiatique a accompagné l’effet boule de neige.

Grâce à Facebook, un manif contre les FARC à Calgary

100 membres pour 1 manifestant

Forts de ce succès, les activistes en ligne se sont rués sur Facebook pour changer le monde. À la fin de l’été 2009, par exemple, à quelques milliers de kilomètres de Bogota, un autre groupe Facebook a été créé, cette fois contre Chavez. En quelques jours, l’enthousiasme se répand et le groupe approche les 400.000 membres. Pourtant, le 4 septembre, moins de 100.000 personnes ont défilé dans différentes villes d’Amérique du Sud. Pour comparer avec nos références, c’est, grosso modo, la taille du cortège parisien du 23 septembre. Pas de quoi pavoiser.

Quiconque a déjà organisé une mobilisation via le réseau social a pu vérifier ce théorème : pour chaque centaine de membres du groupe Facebook, compter 1 manifestant.

Les Américains ont même inventé un mot pour ces 99% d’activistes de salon, les slacktivists. Ils résolvent les problèmes du monde en signant des pétitions en ligne et en invitant leurs amis à participer à longueur de journée, mais passent rarement le pas vers des actions plus concrètes. Même si certaines pétitions ont atteint leur objectif, comme celle des 73.000 Allemands assemblés contre l’interdiction des jeux vidéo violents, la plupart restent lettre morte. On pourrait même suggérer qu’elles sont contre-productives, puisque l’internaute qui coche une case sur un site web a l’impression d’agir et sera moins enclin à prendre d’autres mesures (don, manif).

Les Iraniens peuvent témoigner de la faible efficacité de la mobilisation en ligne. Changer son image de profil ou rejoindre un groupe n’a absolument aucun impact sur le terrain. Cette limite de l’engagement en ligne tient aux faibles barrières à l’entrée. Puisqu’il est facile de s’engager de la sorte, les actions menées via Facebook attirent une forte proportion d’internautes qui n’ont de toute façon aucune envie de s’impliquer plus avant. Le problème, pour les organisateurs, reste qu’il leur est impossible de faire la différence entre leurs facebookeurs sérieux et les dilettantes.

D’ailleurs, un sondage réalisé l’année dernière auprès d’activistes en ligne a montré que pour un tiers d’entre eux, le meilleur canal de communication restait les médias broadcast, type télévision. Cela dit, ce résultat peut être biaisé si les activistes sondés proviennent de pays où Internet reste peu développé. Il serait intéressant de reposer la question en faisant l’hypothèse d’un taux de pénétration égal entre télé et web.

Ethan Zuckerman revenait lors de la conférence TED sur les limites et les derniers exemples de mobilisation sur les réseaux sociaux. Si les buts physiques ne sont pas toujours atteints, il montre comment des mouvements auto-organisés dans un pays peuvent avoir un impact sur le débat dans un autre.

Financement social

Cliquer pour afficher son soutien reste beaucoup plus confortable que de sortir dans la rue ou que de sortir sa carte bleue pour faire un don. L’application Causes était l’exemple typique de cette dissonance entre les déclarations d’intention et les résultats obtenus. D’après cet article du Washington Post de 2009, moins de 1% des utilisateurs donnaient via la plateforme. Par ailleurs, le don médian ne dépassait pas 25 dollars, contre plus de 50 dollars dans les circuits de dons traditionnels. Je m’étais moi-même moqué de Causes il y a 3 ans, en notant que les fonds levés ne dépassaient pas les 2 cents par prospect.

En d’autres termes, un taux de don ridicule et des montants dérisoires découragent les ONG de s’organiser sur le réseau social. Pourtant, les chiffres 2010 de l’application montrent que la mobilisation finit par payer. Les fonds transférés par l’app’ sont passé de 20.000 dollars par semaine en 2008 à 200.000 dollars aujourd’hui.

L’activisme sur un réseau social doit d’abord être… social. Pour une organisation, il n’est absolument pas rentable de tanner un internaute pendant des jours pour le voir cracher 20 dollars. Pour parler en termes extrêmement froids, il faut pouvoir transférer les coûts d’acquisition d’un donneur de l’ONG à ses supporteurs.

Concrètement, cela signifie que celui qui a déjà donné, ou qui soutient la cause, doit, à son tour, convaincre ses amis, qui convaincront leurs amis, et ainsi de suite. Grâce à cet effet boule de neige, quelques organisations ont réussi à lever plus de 100.000 dollars grâce à Causes.

De l’autre côté de l’Atlantique, une start-up a bien compris que le don sur Facebook est une expérience sociale, qui doit être vécue entre amis. Son chiffre d’affaire annuel est plus de dix fois supérieur à celui que Causes a cumulé en trois ans. Just Giving permet carrément à quiconque de collecter des fonds au profit d’une ONG. Tout bénéf’ pour cette dernière, qui peut ainsi récolter sans dépenser un centime.

Pour la prochaine manifestation française, imaginons ce que pourrait faire la CGT sur Facebook ! Le syndicat n’y dispose pour l’instant que d’une page générée automatiquement. La route est longue…

illustration FlickR CC : Flats!

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Les nouveaux nouveaux chiens de garde http://owni.fr/2010/09/24/les-nouveaux-nouveaux-chiens-de-garde/ http://owni.fr/2010/09/24/les-nouveaux-nouveaux-chiens-de-garde/#comments Fri, 24 Sep 2010 13:25:48 +0000 Guillaume Henchoz http://owni.fr/?p=29368 Dans un papier commandé par l’INSEAD, Mark Lee Hunter et Luk Van Wassenhove développent l’émergence d’un nouveau modèle économique propre au journalisme. Le regard original des deux chercheurs  ouvre un chantier important  qui permet de donner à la pratique journalistique un nouveau cadre théorique mais pose cependant un grand nombre de questions. Quel est le nouveau socle éthique de cette forme de journalisme ? A qui s’adressent les médias stakeholders ? A quoi ressembleront les chiens de garde de demain ? Au service de qui travailleront-ils ?

« Disruptive News Technologies : Stakeholder Media and the Future of Watchdog Journalism Business Models ». Avec un titre pareil, on peut comprendre que l’étude n’ait pas trouvé beaucoup de relais en francophonie… L’intitulé est déjà tout un programme. L’étude formée d’une quarantaine de pages  a été écrite par un ancien journaliste d’investigation, Mark Lee Hunter, qui a déjà fait l’objet d’un billet sur Chacaille . Ce reporter américain basé à Paris a commencé à se faire remarquer au cours des années 1990. On lui doit notamment un ouvrage un peu pince sans rire sur Jack Lang ( le titre en anglais : The Ministry of fun), une  enquête sur l’affaire Canson et surtout une longue immersion auprès des militants du Front National (un Américain au Front, 1995). Son compère, Luk Van Wassenhove,  est un pur produit de l‘INSEAD dont il occupe la chaire Henry Ford.

L’objectif de cette recherche est de pointer l’apparition et le développement d’une nouvelle source de financement pour les enquêtes journalistiques au longs cours. Les auteurs partent du constat que les médias traditionnels sont de moins en moins enclins à produire de longues enquêtes : le modèle classique des industries des médias décline. A de rares exceptions près, comme le Canard enchaîné en France, ils ne sont pas rentables (p.3). Si les grands groupes de presse et les médias traditionnels restent un support pour la publication d’une certaine forme de watchdog journalism, ils n’en constituent pas l’apanage exclusif. L’hypothèse qu’ils formulent est que le journalisme d’enquête va se développer en dehors et parallèlement à cette industrie quitte à ce que cette dernière récupère dans un second temps le fruit de l’investigation. Ce sont des stakeholders medias qui seront les principaux commanditaires d’enquête au longs cours.

Mais qu’est ce qu’un stakeholder media, exactement ?

Le terme stakeholder provient du vocabulaire managérial et économique. La théorie de management que l’on appelle Stakeholder view consiste à considérer une corporation non pas à travers ses actionnaires (les shareholders) mais par le biais de celles et ceux qui en produisent la valeur, soit les acteurs qui  en sont les parties prenantes, les stakeholders. La notion a évolué pour désigner un organisme qui défend un intérêt pour une cause ou un projet. Les organisations non gouvernementales par exemple, portent assez bien l’étiquette stakeholder. Appliqué au monde des médias, le terme semble tout de suite désigner la presse d’opinion. Cette perspective est toutefois  réductrice et biaisée. Hunter et Wassenhove  désignent comme stakeholders des médias qui sont articulés autour d’une « communauté d’intérêt concernée par un sujet ou une cause » (p. 8).

La principale critique que les auteurs commencent par esquiver est celle de la crédibilité des informations portées par ce type de médias. On peut en effet se demander ce que valent les infos qui y sont déposées. Même au service d’une « bonne » cause, le travail journalistique serait invalidé par les présupposés et les intérêts du stakeholder qui y serait associé. Tel n’est pas le cas affirment les deux chercheurs. Ce type de médias n’est pas moins crédible que la presse d’opinion. Qui plus est, les médias stakeholders n’avancent pas masqués sous l’étiquette de l’objectivité – un point que je développerai dans le prochain billet- . Hunter et Wassenhove vont même plus loin. Ils constatent que même avant le début de la crise financière qui a touché les médias, ces derniers étaient en perte de crédibilité par rapport à leur public. Les chercheurs mentionnent notamment une intéressant sondage réalisé par la Sofres en janvier 2010. Ce dernier indique que 66% du public ne croit plus à l’indépendance des journalistes. ce pourcentage serait même en augmentation régulière. A partir de ce constat, on peut imaginer que le public ne fera pas moins confiance à un stakeholder qu’à un média traditionnel.

Des enquêtes financées par un tiers intéressé par le sujet

Ce n’est donc pas le positionnement idéologique du média qui en fait un stakeholder, mais plutôt l’intérêt qu’il porte à un sujet. On peut ainsi considérer des sites comme celui d’Amnesty International ou celui de Human Rights Watch comme des stakeholders. Cette dernière association a d’ailleurs produit plusieurs rapports sur des problématiques inhérentes aux droits de l’homme avec le concours de journalistes. De plus, Human Rights Watch vient de décrocher la timbale. Le financier-philanthrope George Soros vient de lui adresser une obole de 100 millions de francs. Nul doute que cet argent pourrait servir à financer des investigations onéreuses. Mais des médias au format plus « classique »  peuvent très bien rentrer dans cette catégorie. La Revue Durable par exemple, que l’on trouve aussi en format magazine, cherche aussi à fonder une communauté d’intérêt autour d’un sujet. Même chose du côté de Océan 71, un site internet qui s’intéresse au grand large et qui vient de lancer une enquête sur la pêche au thon rouge.

Plus généralement,  Les médias stakeholders se déclinent à travers différentes formes, via divers supports. Cela va du site internet à la newsletter en passant par l’imprimé ou la radio. Quoi qu’il en soit, ces médias se sont principalement développés grâce à l’émergence du web. Il faut également différencier ce type de médias des réseaux sociaux : » Twitter, Facebook, LinkedIn, ne constituent pas des médias stakeholders pour l’instant. Ils sont par contre utilisés par les stakeholders pour organiser leurs contacts et diffuser les alertes ». (p. 8 ). Les stakeholders vont donc permettre à de nouveaux nouveaux chiens de garde d’effectuer leur travail de veille et d’enquête.

Dénoncer les dysfonctionnements

Il est intéressant de constater que les auteurs font la différence entre les watchdogs journalists et les investigators. Tous les chiens de garde ne sont pas forcément de bons enquêteurs. L’investigation requiert des compétences, un réseau, et une certaine maîtrise de l’interview que les watchdogs ne maîtrisent pas obligatoirement. Cependant un bon journaliste d’investigation remplit quasi automatiquement la fonction de watchdog, selon Hunter et Wassenhove. Il vaut la peine de s’arrêter également un instant sur ce terme de watchdog. L’expression Chien de garde, en français, est fortement connotée, notamment après la parution de l’ouvrage de Serge Halimi (S. Halimi, Les nouveaux chiens de garde, Seuil, 1997). Dans cet ouvrage, les chiens de garde sont les journalistes et les représentants d’une sphère médiatique au service du pouvoir et des groupes économiques. En France, Le chien aboie pour les puissants. La sociologue des médias Géraldine Muhlmann s’est déjà étonnée de la connotation beaucoup plus positive que trouve le terme auprès des médias anglo-saxons et plus particulièrement américains. Il y désigne une pratique journalistique qui s’intéresse de près aux rouages du pouvoir et qui n’hésite pas à dénoncer les dysfonctionnements et les abus de ce dernier. Le watchdog journalism se développe au cours des décennies 1960 et 1970 et connait son heure de gloire avec le scandale du Watergate. De l’autre côté de l’Atlantique, le chien aboie pour les citoyens. Peut-être est-il temps de se de réapproprier le terme sur le vieux Continent et de le doter d’une connotation plus positive ?

Le financement d’enquêtes par ce type de médias suscite quelques ruptures par rapport à la pratique journalistique. Les chercheurs en dénombrent au moins trois qu’ils mentionnent dans leur recherche et que je développerai dans des billets à venir en prenant des exemples concrets  :

1. On assiste au au développement d’un nouveau cadre théorique de l’éthique journalistique.

2. Le contenu des investigations ne consiste plus en un « produit » mais en un « service ».

3. La réorientation du marché se concentre non plus sur le « public » mais s’adresse à une « communauté ».

A suivre…

Article initialement publié sur Chacaille

Illustrations CC FlickR : ~BostonBill~

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Ouvrez vos données, devenez une organisation-plateforme http://owni.fr/2010/08/11/ouvrez-vos-donnees-devenez-une-organisation-plateforme/ http://owni.fr/2010/08/11/ouvrez-vos-donnees-devenez-une-organisation-plateforme/#comments Wed, 11 Aug 2010 16:28:42 +0000 Tanja Aitamurto http://owni.fr/?p=23994 Les organisations à but non-lucratif [NdT: "non-profit" en anglais] font face à des défis similaires aux autres organisations : les vieilles structures ne fonctionnent pas à notre époque,  et les nouvelles restent encore à trouver.

Traditionnellement, les organisations à but non-lucratif sont des structures fermées qui fonctionnent comme intermédiaire entre les donateurs et les bénéficiaires. Les organisations allouent les fonds aux projets qu’ils ont décidées de doter, et les donateurs soutiennent les organisations, plutôt qu’un projet spécifique. Les bénéficiaires et les donateurs sont aux extrémités opposées de la chaîne – il existe à peine un contact entre eux.

Contact direct et soutien à des projets particuliers

Le rôle des organisations à but non-lucratif comme intermédiaire est en train de changer. Les donateurs peuvent à présent  soutenir un projet en particulier plutôt qu’une organisation dans son ensemble. Aujourd’hui, les donateurs peuvent aussi avoir un contact direct avec les bénéficiaires. Par exemple, sur la plateforme de micro-prêts Kiva.org, un donateur peut directement prêter de l’argent à tel entrepreneur, et sur des services de crowdfunding comme Spot.Us et KickStarter, un donateur peut soutenir exactement le type de journalisme ou le projet qu’il apprécie.

La foule peut s’organiser elle-même autour d’objectifs, de campagnes et de projets sans les structures que les organisations  fournissent traditionnellement. Les gens n’ont pas besoin d’un intermédiaire, tout non-lucratif qu’il soit,  pour provoquer l’impact qu’ils souhaitent voir advenir.

Ce changement pose un défi pour les organisations non-profit traditionnelles: comment peuvent-elles le tourner à leur avantage ?

La réponse consiste à devenir des plates-formes ouvertes qui facilitent la collaboration dans des espaces ouverts et réduisent radicalement la distance entre le donateur et le bénéficiaire.

Cela commence par l’ouverture des procédés d’attribution des dons – laisser par exemple les donateurs avoir leur mot à dire sur la destination des dons et les projets qu’ils soutiennent.

Richesse des données à partager

Autre piste: libérer leurs données pour que tout le monde s’en serve. Les organisations à but non-lucratif ont beaucoup de données intéressantes et rares issues de recherche. Les données pourraient être utilisées de différentes façons dans des buts différents, que ce soit dans la recherche académique ou le développement d’applications pour iPhone.

Connaissez-vous le cas réussi d’une organisation non profit traditionnelle qui a redéfini son rôle et sa structure ? Et sur l’ouverture des données ? Est-ce que quelque part dans le monde une structure à but non-lucratif a ouvert des données ?

Si vous avez des réponses, n’hésitez pas à me contacter:  tanja.aitamurto at gmail.com

Billet initialement publié sur le blog de Tanja, hébergé par le Huffington Post

Illustrations CC FlickR Mr. Kris,

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