OWNI http://owni.fr News, Augmented Tue, 17 Sep 2013 12:04:49 +0000 http://wordpress.org/?v=2.9.2 fr hourly 1 MXP4 lance la plateforme Bopler Games sur Facebook http://owni.fr/2011/04/19/mxp4-lance-la-plateforme-bopler-games-sur-facebook/ http://owni.fr/2011/04/19/mxp4-lance-la-plateforme-bopler-games-sur-facebook/#comments Tue, 19 Apr 2011 16:37:42 +0000 Loïc Dumoulin-Richet http://owni.fr/?p=31628 MXP4, start-up parisienne innovante dans le domaine du social gaming musical, lance cette semaine la plateforme Bopler Games, une série de jeux musicaux sur Facebook, utilisant un catalogue de titres musicaux licenciés, et qui pourrait bien incarner le modèle de rentabilité de l’entreprise.

Après le jeu Je Veux Signer Chez AZ dont nous vous parlions la semaine dernière, et qui a pour but d’animer le casting mené par le label d’Universal tout en développant son image de marque, c’est sur un plan beaucoup plus fédérateur et orienté gaming que se place Bopler. En choisissant de lancer dans un premier temps quatre jeux inspirés des classiques du genre, MXP4 entend séduire les gamers addict comme les moins chevronnés, à qui les formats parleront sans difficulté. Ainsi Space It, Match It, Snake It et Pump (jeu crée par MXP4 et popularisé notamment via une application brandée David Guetta) s’inspirent ouvertement de Space Invaders, Tetris, ou encore Snake, avec un avantage de taille cependant. L’évolution du jeu réagit en effet à la la structure musicale du titre choisi pour jouer (tempo, rythme, voix etc.). Car le centre de ces jeux sociaux est bien la musique.

Cliquer ici pour voir la vidéo.

En choisissant en premier lieu un titre parmi ceux proposés, puis un jeu, le joueur cale son expérience ludique sur la musique, et non l’inverse. Quant au catalogue proposé, il est pour l’instant modeste mais devrait se développer très rapidement, les accords avec quatre publishers et deux majors étant finalisés (sans qu’on puisse en savoir davantage pour le moment). EMI est la première major à avoir officialisé la licence de son catalogue.

Albin Serviant, PDG d’MXP4, confirme que le volonté première de ses équipes lors de la création de la plateforme Bloper Games était véritablement “d’imbriquer le jeu et la musique“. Avec 1 milliard de dollars de chiffre d’affaires, les jeux sur Facebook représentent sans conteste une manne qui, couplée à la musique devrait largement séduire. Selon le PDG, cette somme devrait quadrupler voire quintupler dans les trois ans.

“Le challenge, c’est de donner au jeu sa dimension sociale”.

Qui de la monétisation, et de la rémunération des artistes ? Les sommes engrangées par les jeux, via les Facebook credits, qui permettent aux gamers de jouer sur toute la durée d’un titre (contre 60 secondes en version gratuite), mais aussi d’obtenir des bonus supplémentaires au sein du jeu. Les ayant droit se partagent avec MXP4 70% des revenus générés par la vente de titres (et donc de jeux) complets, les 30% restants revenant à Facebook. Si pour l’instant l’intérêt des artistes n’est pas supérieur à celui d’une mise en vente sur iTunes, il pourrait s’avérer plus conséquent dans les mois à venir. On parle en effet de customisation des jeux avec des artistes via des pages dédiées, ouvrant vers de la vente directe (titres, albums, merchandising…), qui devrait intervenir dans un second temps une fois le décollage de la plateforme passé. Elle devrait apporter aux artistes un véritable plus en liant leur univers aux jeux développés en adéquation avec leur musique.

Il faut cependant garder en tête que 95% des joueurs sur les réseaux sociaux s’adonnent à ce passe-temps gratuitement. Le défi est donc de les engager dans une expérience allant au delà du simple hobby sur Facebook. Ainsi que le rappelle Albin Serviant, “la moyenne du temps passé sur l’application de remix de David Guetta était de 13 minutes“. Autrement dit, suffisamment pour amener le gamer à devenir consommateur, et recruteur de fans via les nombreux outils de challenge de ses amis.

Un défi que MXP4 semble en passe de pouvoir relever, en offrant à l’industrie de la musique une source de revenu potentiellement intéressante. Confirmation ou infirmation dans les mois à venir.

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Deezer enfin rentable ? http://owni.fr/2011/04/12/deezer-enfin-rentable/ http://owni.fr/2011/04/12/deezer-enfin-rentable/#comments Tue, 12 Apr 2011 08:59:05 +0000 Pascal Rozat http://owni.fr/?p=31530 Deezer, premier service de streaming français, fait actuellement l’objet d’un débat dans la presse, suite à une tribune de son PDG Axel Dauchez dans le Monde à laquelle a répondu le président du SNEP David El Sayegh. Enfin le co-fondateur et ex-PDG de Deezer Jonathan Benassaya a lui aussi pris part au débat en répondant aux questions de Philippe Astor.

Pascal Rozat est chargé de mission à l’INA et écrit également pour des revues et sites web dédiés au jazz.

Le 9 mars 2011, à l’occasion de la rencontre “Mobile 2.0” à Paris, le PDG de Deezer annonçait avoir atteint en seulement huit mois le seuil de 800 000 abonnés payants à son service d’écoute musicale, dépassant ainsi les pronostics les plus optimistes. À l’origine de ce bond en avant : un nouveau partenariat avec Orange, qui intègre depuis août 2010 les services payants de Deezer en option dans ses offres mobiles et ADSL. En se rapprochant d’un acteur majeur des télécommunications, le leader français de la musique en streaming aurait-il enfin trouvé le moyen de monétiser sa plateforme et de faire face aux lourdes sommes qu’il s’est engagé à verser aux ayants droit ? Si tel était le cas, cette alliance stratégique mettrait un terme à plusieurs années de tâtonnements, qui ont vu le site passer d’un modèle économique fondé sur la gratuité totale à une stratégie freemium qui a d’abord peiné à convaincre.

UN CHOIX FONDATEUR : LA MUSIQUE GRATUITE ET LÉGALE

« Deezer.com libère enfin toutes les musiques » claironnait le communiqué de presse du 22 août 2007 annonçant le lancement du nouveau site. Créé par deux jeunes entrepreneurs de moins de trente ans, Daniel Marhely et Jonathan Benassaya, Deezer fait partie de ces start-up qui ont d’abord tout misé sur un service gratuit particulièrement bien adapté à la demande des internautes, conquérant ainsi une large audience sans pour autant disposer d’un modèle économique clair pour la rentabiliser. Dès l’origine, la plateforme d’écoute musicale suscite pourtant l’intérêt de Xavier Niel, fondateur de Free, qui investit 250 000 euros en juin 2007 pour une part de 20% dans la jeune société. À l’occasion d’une augmentation de capital en janvier 2008, il est rejoint par le fonds Dot Corp des frères Rosenblum (fondateurs du site Pixmania), qui acquièrt 24% des parts pour 4,8 millions d’euros, témoignant ainsi de la valorisation exponentielle de l’entreprise en l’espace de seulement six mois.

L’originalité de Deezer est de proposer une vaste offre musicale à la fois gratuite et légale, se posant ainsi comme une alternative novatrice au piratage. Ce choix ne s’imposa pourtant pas d’emblée : Blogmusik.net, ancêtre de Deezer lancé en juin 2006, opère d’abord sans aucune autorisation des ayants droit, ce qui lui vaut d’être fermé en avril 2007 suite à une mise en demeure adressée par les sociétés d’auteur et la SPPF. C’est alors que les deux associés décident d’entrer en négociation avec la SACEM. En seulement quelques mois, un accord est conclu, permettant au site de rouvrir sous le nom de Deezer en août 2007. Reste encore à régler la question des détenteurs de catalogues. Près de deux ans sont nécessaires à la plateforme pour convaincre les quatre majors (1), tout en concluant en parallèle des accords avec plusieurs labels indépendants tels que Believe ou Naïve.

Ces négociations permettent à Deezer d’élargir progressivement son catalogue, qui passe ainsi de 770 000 titres en octobre 2008 à 8 millions aujourd’hui. Avec un choix aussi vaste, Deezer peut revendiquer un accès quasi-universel à la musique, le tout en streaming gratuit. On notera toutefois la persistance de certaines lacunes, notamment dans le domaine des indépendants et de la musique classique. Plus ennuyeux : certains poids-lourds de l’industrie musicale comme les Beatles, Bob Dylan, Led Zeppelin ou Metallica manquent toujours à l’appel, de même que quelques pointures de la variété française, à l’instar de Francis Cabrel ou Jean-Jacques Goldman (2). Enfin, en raison des clauses de territorialité imposées par les maisons de disques, l’intégralité du catalogue de Deezer n’est pas nécessairement accessible dans tous les pays : il peut ainsi arriver que tel titre ne soit pas accessible en Belgique, tel autre uniquement au Royaume-Uni, etc.

LE MIRAGE D’UN FINANCEMENT PAR LA PUBLICITÉ

Si ce nouveau modèle fondé sur la négociation permet à Deezer d’offrir un vaste choix de musique sans craindre de représailles judiciaires, il a aussi un coût, qui se traduit par les reversements dus aux ayants droit. Bien que les différents acteurs se montrent plutôt discrets sur la question, on sait que les majors exigent des avances conséquentes pour la seule mise à disposition de leur catalogue. Selon Le Figaro du 9 mars 2010, le montant total avoisinerait ainsi les 3 millions d’euros, le site devant ensuite payer une somme de l’ordre d’un centime pour chaque écoute d’un titre. Quant à la SACEM, l’accord signé en 2007 lui assure de capter 8% des recettes publicitaires de la plateforme. Au bout du compte, Jonathan Benassaya admettait en octobre 2009 reverser la moitié de son chiffre d’affaires (environ 6 millions d’euros annuels à l’époque) aux ayants droit. Un lourd tribut pour une entreprise aux revenus modestes, dont le modèle initial fondé sur la seule publicité n’a pas fait ses preuves.

Deezer s’affirme d’emblée comme un succès d’audience, avec 773 000 visiteurs uniques recensés en France pour son premier mois d’exploitation en août 2007, chiffre qui atteindra bientôt 2,75 millions en mai 2008, puis 7 millions en décembre 2009. Comme pour nombre de start-up, le défi est posé : comment rentabiliser ce trafic en hausse constante ?

Dès sa création, Deezer propose un système d’affiliation avec iTunes, permettant aux utilisateurs de télécharger sur la plateforme d’Apple un titre qu’ils ont écouté sur Deezer[+]. Mais les commissions versées à cette occasion par la firme à la pomme ne jouent qu’un rôle marginal. Pour monétiser son audience, Deezer compte d’abord quasi exclusivement sur la publicité, présente notamment sous forme de bandeaux. Avec un profil d’utilisateurs plutôt jeune et orienté CSP+, il est vrai que la start-up a des arguments pour convaincre les annonceurs. Mais comme dans le cas des sites de presse, cette source de revenus se révèle néanmoins très vite insuffisante, malgré d’assez bonnes performances : avec 875 000 euros de recettes sur le premier semestre 2008, l’entreprise est loin de pouvoir faire face aux reversement dus aux ayants droit, sans même parler de dégager des bénéfices.

La plateforme persiste pourtant et crée en juillet 2008 sa propre régie publicitaire, Deezer Media, avant d’adopter progressivement une stratégie plus agressive. À partir de février 2009, l’inscription devient obligatoire pour profiter pleinement du service d’écoute à la demande, ce qui permet au site de mieux rentabiliser son fichier clients en ciblant les campagnes publicitaires selon des critères de sexe, d’âge et de zone géographique (moyennant une majoration des tarifs pour l’annonceur, si l’on en croit l’article 6.1.2. des conditions générales de vente 2010 de la régie). Un peu plus tard, au risque d’irriter les utilisateurs, la publicité sonore est introduite en novembre 2009, sous la forme de spots intercalés entre les chansons toutes les 15 minutes environ.

Mais ces innovations ne suffisent pas à rendre le site rentable et certains représentants des ayants droit commencent à s’alarmer de la faiblesse des reversements. En avril 2009, Laurent Petitgirard, alors président du Conseil d’administration de la SACEM, fait grand bruit en déclarant au Monde que le tube de l’année sur Deezer, un titre de rap écouté 240 000 fois, n’a donné lieu qu’à 147 euros de reversements aux artistes…

LE DIFFICILE TOURNANT DU FREEMIUM

C’est donc dans un contexte plutôt tendu que Deezer procède en octobre 2009 à une nouvelle levée de fonds : CM-CIC Capital privé (filiale du Crédit mutuel) et AGF Private Equity entrent au capital de l’entreprise, apportant au total 6,5 millions d’euros. Mais si ces investisseurs acceptent de se lancer dans l’aventure Deezer, c’est qu’un revirement stratégique est déjà amorcé.

Alors même que Jonathan Benassaya avait déclaré lors du lancement du site qu’il ne croyait pas au principe de la musique payante, Deezer abandonne finalement le dogme du tout-gratuit. En effet, le 9 novembre 2009, la société annonce le lancement de ses premières offres payantes. Proposée à 4,99 euros par mois, la formule « Deezer HQ » permet d’utiliser la plateforme depuis son ordinateur sans publicité et avec une meilleure qualité d’écoute (jusqu’à 320kb/s, contre 128 kb/s pour le

gratuit). Mais la véritable innovation réside dans l’offre « Deezer Premium » qui, pour 9,99 euros par mois, propose en plus un accès en mobilité. Depuis octobre 2008 et le lancement de la première application pour iPhone et iPod Touch, Deezer est en effet déjà disponible sur la plupart des smartphones (BlackBerry, Sony Ericsson, téléphones fonctionnant sous Android…), mais avec des services limités : ces applications gratuites permettent ainsi d’utiliser les webradios et les smartradios[+] de Deezer, mais pas d’écouter les titres à la demande, ce qui constitue pourtant la marque de fabrique de la plateforme. Deezer Premium propose donc de « déverrouiller » ces applications (peut-être conçues dès le départ comme des teasers pour la future offre payante ?), en donnant pleinement accès aux services Deezer en mobilité. Autre avantage : l’abonnement permet également l’écoute des titres de son choix en mode « hors connexion », grâce à un système de téléchargement temporaire.

Comme souvent dans le monde de la musique en ligne, il s’avère pourtant bien difficile de convaincre l’utilisateur de sortir sa carte bleue. Alors que l’objectif affiché était de recruter 100 000 abonnés payants avant la fin 2009, seuls 14 000 s’étaient laissé séduire sur les trois premiers mois. Cet échec au démarrage déçoit les actionnaires et plonge Deezer dans une profonde crise de management. Le départ de Jonathan Benassaya, annoncé dans la presse, est finalement démenti, mais le cofondateur du site se trouve bientôt marginalisé suite à la nomination d’un nouveau directeur général en la personne d’Axel Dauchez. Réduit à la fonction de président non exécutif, Jonathan Benassaya quitte finalement Deezer en novembre 2010, en justifiant son départ par la volonté de se consacrer à de nouveaux projets, notamment son fonds d’investissement et incubateur Milestone Factory.

L’ALLIANCE AVEC ORANGE : UNE SOLUTION MIRACLE ?

Venu du marketing et de l’audiovisuel, Axel Dauchez (qui, à 41 ans, fait figure de « sénior » au sein de la start-up) trace une feuille de route visant à renforcer le développement de Deezer sur le territoire français avant de s’attaquer dans un second temps au développement international. Cette stratégie se traduit bientôt par un rapprochement avec Orange, annoncé en juillet 2010 : à partir de la rentrée suivante, l’opérateur télécoms proposera des forfaits intégrant le service Deezer Premium en option, avec ou sans supplément à payer selon les formules.

L’intérêt des deux parties est évident. Pour Orange, cette alliance s’inscrit dans le cadre d’un revirement stratégique : après avoir investi tous azimuts dans des contenus exclusifs pour attirer de nouveaux abonnés, l’opérateur a annoncé en juin 2010 vouloir sortir de cette logique pour privilégier des « partenariats ouverts » avec les producteurs et éditeurs de contenus. Dans cette optique, il paraît naturel pour Orange d’abandonner sa propre plateforme d’écoute lancée en 2009, WorMee, au profit d’une alliance avec Deezer. Quant à ce dernier, il bénéficie désormais de la force de frappe commerciale d’Orange pour gagner enfin les abonnés qui lui font défaut. Scellant ce nouveau partenariat, Orange entre au capital de Deezer à hauteur de 11%, en échange des actifs de WorMee, valorisant Deezer à hauteur de 80 millions d’euros environ selon L’Express. Un rapprochement capitalistique qui ne manque pas de sel quand on songe que l’actionnaire historique de Deezer n’est autre que Xavier Niel, fondateur de Free, l’un des principaux concurrents d’Orange…

Très vite, les premiers résultats semblent indiquer que l’opération est gagnante. Grâce à Orange, le rythme des recrutements passe ainsi de 6 000 à 100 000 abonnés par mois. Alors que Deezer espérait en gagner un million avant la fin 2011, la barre des 500 000 était franchie dès le mois de janvier, et le million est à présent annoncé pour l’été. Prise isolément, l’offre payante de la plateforme ne semblait pas séduire les consommateurs, mais son inclusion dans un bundle (« pack » ou « offre groupée ») Orange a finalement permis de vaincre leurs réticences. Après une année 2010 encore déficitaire, Deezer est donc bien parti pour sortir du rouge, tout en augmentant sensiblement ses reversements aux ayants droit. Lors du Midem de janvier 2011, Axel Dauchez a ainsi pronostiqué que le site paierait environ 20 millions d’euros à l’industrie musicale en 2011. Une inconnue demeure : combien la plateforme touche-t-elle pour chaque abonné Orange ? Axel Dauchez se contente d’indiquer que c’est « un peu moins (…) que les 9,99 euros par mois que paient ceux qui s’abonnent directement à Deezer. »

UN DÉBUT DE DIVERSIFICATION

En parallèle, Deezer s’est engagé discrètement dans une stratégie de diversification. Comme le soulignait Jonathan Benassaya dès mars 2008, Deezer n’est pas seulement un site, mais aussi « une plateforme avec beaucoup de contenus (…) que rien ne nous empêche de mettre à disposition sur d’autres canaux de diffusion ou via d’autres modèles économiques. »

Illustration de cette théorie : le lancement en avril 2010 de SoundDeezer, service B2B proposant la sonorisation de lieux publics et commerces. Fonctionnant à l’aide d’un boîtier spécifique fourni par Deezer, la « D-Box », le service permet de paramétrer la programmation à partir d’un ordinateur en alternant entre cinq ambiances musicales (« moods ») pouvant être diffusées à différents moments de la journée. Pour les entreprises d’une certaine taille, SoundDeezer propose des fonctionnalités plus avancées, telles que le déploiement sur un réseau entier de points de vente, ainsi que la réalisation de « moods » sur mesure fondés sur des techniques de marketing sonore. En s’appuyant sur les statistiques d’écoute dont dispose Deezer grâce aux utilisateurs de son site grand-public, il s’agit alors de cerner au plus près les goûts d’une cible donnée. Le service est proposé sans publicité, mais le client a néanmoins la possibilité d’intercaler les spots promotionnels de son choix au fil de la programmation. Il est également à noter qu’un abonnement au service ne dispense naturellement pas de payer des droits à la SACEM au titre de la diffusion publique d’œuvres protégées. Parmi les premiers clients de SoundDeezer : les restaurants McDonald’s, le Palais omnisport de Bercy et les magasins Micromania. Si les tarifs ne sont pas publiés, on peut toutefois déduire des déclarations d’Axel Dauchez que cette activité récente aurait déjà généré environ 2 à 3 millions d’euros de chiffre d’affaires en 2010, ce qui est loin d’être négligeable pour un service tout juste lancé.

En décembre 2010, la plateforme a également ouvert un « Deezer shop » en ligne. Outre un casque audio estampillé « Deezer », on y trouve une multitude de produits dérivés (t-shirts, casquettes, mugs, stylos, tongs…) classés par artistes et aussi – plus étonnant pour une entreprise spécialisée dans la musique dématérialisée – une sélection restreinte de disques et de DVD revêtant généralement un caractère « collector » (rééditions « de luxe », coffrets intégraux, rééditions vinyles…). En se lançant ainsi dans le merchandising, Deezer semble prendre acte du mouvement de diversification des revenus qui touche l’ensemble de l’industrie musicale. La société pourrait-elle être tentée à l’avenir de se développer également dans le très lucratif secteur de la musique live, lui aussi en pleine expansion ? Si Deezer ne deviendra sans doute jamais un grand entrepreneur de spectacle, des synergies peuvent certainement être exploitées, notamment en termes de promotion d’événements.

Enfin, l’annonce le 3 mars 2011 de la prise en régie du site Slate.fr signe les nouvelles ambitions de Deezer media, qui élargit son champ d’action au-delà de Deezer pour se positionner comme un nouvel acteur dans le domaine des régies publicitaires en ligne.

CONCLUSION

L’année 2011 semble donc s’annoncer sous de bons auspices pour Deezer, qui devrait améliorer substantiellement ses résultats financiers et pérenniser son modèle économique grâce aux nouveaux abonnés gagnés via Orange. Le site semble avoir réussi son basculement vers le payant, au moment précis où le streaming gratuit commence à être remis en question par les maisons de disques, comme en témoignent les déclarations du PDG d’Universal Music France Pascal Nègre sur Radio Campus, suggérant de restreindre à quatre le nombre d’écoutes gratuites possibles pour un titre donné (proposition vivement contestée par Axel Dauchez dans une tribune parue dans Le Monde où il défend la gratuité comme porte d’entrée vers l’abonnement payant).

La stabilisation du business model de Deezer s’inscrit dans un contexte de forte structuration du secteur en France : outre la création d’un syndicat des Éditeurs de services de musique en ligne (ESML), qui regroupe Deezer, Orange, le GESTE (Groupement des éditeurs de services en ligne) et les plateformes de téléchargement Beezik et Starzik, le mois de janvier 2011 a été marqué par l’annonce des « 13 engagements pour la musique en ligne » conclus dans le sillage de la mission de médiation confiée à Emmanuel Hoog. Cet accord, dont le suivi a été confié à la Hadopi, promet notamment de rendre plus transparentes les relations entre producteurs et plateformes. Une évolution positive pour Deezer, qui pourrait toutefois avoir un effet pervers en facilitant l’arrivée de nouveaux entrants sur le marché, notamment si les maisons de disques étaient amenées à baisser de manière significative le montant des avances exigées.

Sur le marché français, Deezer a assurément atteint une taille critique, avec environ 7 millions de visiteurs par mois, qui le rend incontournable. Le contexte dans lequel la société évolue n’en reste pas moins fortement concurrentiel. Outre la toute récente résurrection de Jiwa – un concurrent français lancé en mars 2008 et placé en liquidation judiciaire deux ans plus tard – et l’arrivée en France de Qriocity, la plateforme de streaming de Sony, Deezer doit notamment faire face aux appétits du Suédois Spotify, qui semble vouloir se rapprocher de SFR pour contrer l’offensive menée avec Orange. Mais à n’en pas douter, c’est avant tout au plan international que la bataille se joue désormais. Traduit en cinq langues, Deezer réalisait environ deux tiers de son audience à l’étranger au printemps 2010, mais ses abonnés demeurent dans leur grande majorité français. La bataille sera rude, car outre Spotify, qui revendique 1 million d’abonnés dans sept pays, la plateforme devra sans doute aussi composer avec les nouveaux projets des mastodontes Google et Apple, qui n’entendent pas rester les bras croisés devant le développement du streaming musical. Avec l’appui d’Orange, Deezer peut espérer gagner des parts de marché dans plusieurs pays européens où l’opérateur français est bien implanté (Royaume-Uni, Espagne, Pologne…). Le grand enjeu reste toutefois la conquête de l’Amérique du Nord, restée jusque là quasi impénétrable au streaming « à la carte »[+] en raison des réticences des grandes maisons de disques. À quand, par exemple, un partenariat de Deezer avec Verizon Wireless ou AT&T Mobility, leaders de la téléphonie mobile sur ce marché ?

(1) Des accords sont conclus successivement avec Sony BMG (octobre 2007), Universal Music (mai 2008), Warner (septembre 2008) et EMI (avril 2009).

(2) Ces artistes, qui refusent de diffuser leur musique sur Internet autrement qu’en téléchargement payant, sont de ce fait généralement absents aussi des plateformes de streaming concurrentes, notamment Spotify.

Article initialement publié sur INA Global.

Crédits photos : CC FlickR

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Attention bon plan clip : FluidRiver http://owni.fr/2011/02/09/attention-bon-plan-clip-fluidriver/ http://owni.fr/2011/02/09/attention-bon-plan-clip-fluidriver/#comments Wed, 09 Feb 2011 16:37:06 +0000 Owni Music http://owni.fr/?p=30204 Sébastien Gilles a un sacré parcours dont il nous parlera ci-dessous. Il a fondé FluidRiver en 2009. Une plateforme qui fait le liens entre les secteurs de la musique et les cinéastes. Issu d’un monde étranger à la musique, nous l’avons rencontré pour qu’il nous fasse part de ses observations et nous résume l’état actuel de sa société.

Quel est ton parcours professionnel ? Comment en es-tu arrivé à travailler avec le monde musical ?

J’ai un profil plutôt atypique pour le monde musical, avec un parcours d’ingénieur, de chercheur puis d’entrepreneur en nouvelles technologies, venu sur le tas à la musique par passion.

Après des études d’ingénieur à l’ENSTA, j’ai fait une thèse à l’université d’Oxford en vision artificielle. Je m’intéressais à la manière de “faire voir” les machines, mon univers était celui des images. De retour en France, j’ai rejoint un institut de recherche, l’INRIA avant de fonder une startup en reconnaissance d’images avec d’autres chercheurs, LTU Technologies. Je suis passé du statut de chercheur à celui d’entrepreneur et j’ai été le directeur scientifique de LTU pendant 9 ans. En 2005, nous avons été rachetés par un groupe Japonais et en 2008 j’ai quitté la société.

Les années 2000-2008 m’ont donné le goût d’entreprendre, c’est-à-dire de partir d’une idée et de la réaliser. Et j’avais bien l’intention de me relancer dans un nouveau projet, avec cette fois-ci la possibilité d’y associer une dimension artistique.

Il s’est trouvé que pendant que je réfléchissais à des idées de projets, j’ai découvert toute une scène underground à Paris, organisée autour de squats artistiques éphémères où se déroulent lectures, performances audiovisuelles et concerts, le tout dans un esprit incroyable de liberté de création, hors de tout cadre officiel. J’ai rencontré beaucoup d’artistes dans ces squats -des musiciens, des vidéastes, des VJs (Visual Jockeys) ou des artistes qui explorent le “net-art”.

L’apport de la vidéo à la musique m’est apparu essentiel, à la fois pour des raisons esthétiques et artistiques, mais aussi pour des raisons de circulation de l’oeuvre auprès du public et donc de sa promotion sur les réseaux. Par exemple, un lien vidéo voyage plus vite et plus loin qu’un lien musical sur le réseau, parce que le taux de partage entre internautes est statistiquement plus élevé. La raison en est que les images qui accompagnent un lien partagé sur Facebook agissent comme un aimant pour nos yeux : nous sommes attirés sans même le vouloir. Un lien textuel n’a pas le même effet.

Lire demande toujours un effort, alors que voir n’en nécessite pas. Un lien vers un clip est donc un véhicule puissant de découverte, de partage et de circulation d’un morceau musical sur la Toile.

Avant, un clip était un moyen pour les artistes d’accéder au média “télévision”. C’était un investissement lourd et son coût le mettait hors de portée d’une majorité d’artistes, il était donc souvent réservé à une élite. Aujourd’hui, l’audience ne se trouve plus en télévision mais sur Internet. On y diffuse une vidéo gratuitement, mondialement et sans limitation de temps et c’est à la portée de tout le monde.

Quant à la révolution numérique dans l’audiovisuel de ces 20 dernières années, elle a eu pour effet de mettre des outils professionnels dans les mains de l’amateur. Caméras HD, disque dur portables, logiciels complets de post-production, tous ces outils sont aujourd’hui démocratisés. C’est le même phénomène qu’en musique avec la révolution des home studios.

Au final, on voit bien que la technologie et les outils sont là, disponibles, accessibles à tous. En d’autres termes, ce n’est plus l’outil qui différencie le professionnel de l’amateur dans la production audiovisuelle, mais le savoir-faire, le talent et la sensibilité. Donc la seule chose qui manquait pour permettre à chaque artiste d’avoir une chance d’accéder au clip, c’était de pouvoir faire découvrir sa musique et entrer en contact avec des vidéastes. Et l’idée de créer un réseau de musiciens et de vidéastes pour provoquer des rencontres artistiques et faire des clips a germé : FluidRiver était né.

Quel est le concept de FluidRiver ? A quelles problématiques cela répond-t-il ?

FluidRiver est un réseau de réalisateurs et de musiciens. Le but : faire des clips différemment, pour changer l’image de la musique. Pour les labels, c’est une nouvelle manière de travailler le clip, en accédant à un vaste réseau de réalisateurs professionnels, souvent jeunes, créatifs et innovants.

Plutôt que de choisir un réalisateur uniquement sur ses références -ce qui privilégie les réalisateurs déjà établis, avec un risque évident et avéré d’uniformisation visuelle, le principe est de retenir un réalisateur pour ses idées.

FluidRiver étant bien entendu garant d’une qualité en ayant sélectionné les réalisateurs en amont.

Avec sa forte culture de l’image et du cinéma, ses nombreuses formations et écoles d’audiovisuel, la France est un vivier de talents créatifs dans le domaine de l’image. Grâce à FluidRiver, les labels ont un accès direct et simplifié à cette source de talents, tandis que certains réalisateurs reçoivent des appels d’offre de clips auxquels ils n’auraient jamais eu accès seuls.

Pour les artistes et réalisateurs amateurs, FluidRiver est un réseau où l’on se rencontre, gratuitement. Lorsqu’on est un groupe amateur, on n’a pas forcément autour de soi un ami vidéaste, prêt à réaliser même un petit clip. Grâce à FluidRiver, on peut faire écouter sa musique et nouer des contacts avec des réalisateurs du monde entier. Inversement, beaucoup de jeunes réalisateurs veulent développer leur bande-démo, mais manquent de projets intéressants. FluidRiver est pour eux l’occasion d’accéder à un vaste choix de musique.

Comment ça marche? Y a t il une sélection pour participer?

FluidRiver est ouvert à tous, musiciens comme réalisateurs. Chacun est libre de s’inscrire, créer un profil, y diffuser morceaux, images et vidéos et entrer en contact avec d’autres membres.

Côté amateur, ça marche de manière assez simple : un musicien crée un projet de clip, qui est une page permettant d’écouter le morceau avec un petit brief succinct. Les réalisateurs écoutent ainsi les morceaux et, à la manière de Facebook, peuvent faire une demande de contact au musicien. Si un clip nait à la suite de cette rencontre, les deux artistes ont la possibilité de signer électroniquement « l’autorisation croisée », qui est un contrat qui attribue la paternité conjointe du clip aux deux artistes, les protège l’un l’autre et les autorise à procéder à sa diffusion libre et gratuite, notamment sur FluidRiver. C’est une sorte de PACS vidéo-musical. Les artistes sont bien sûr libres de ne pas utiliser cette licence et de collaborer comme bon leur semble.

Concernant les réalisateurs professionnels, je procède à une sélection en amont, en privilégiant une approche esthétique originale, une prise de risque artistique. Ces réalisateurs recevront alors gratuitement les appels d’offre, libre à eux d’y participer ou pas. Chacun conserve donc sa liberté. Je référence aussi directement des sociétés de production audiovisuelle, qui elles-mêmes ont plusieurs réalisateurs.

Pour les labels qui recherchent un réalisateur, j’interviens directement et personnellement en rencontrant les artistes, le label, le manager. J’écoute ce qu’ils me disent, leurs attentes en terme d’image, et je rédige un brief artistique à destination des réalisateurs professionnels. Ce brief comprend notamment un budget fixe (la compétition entre réalisateurs n’est donc pas financière) et toutes les informations nécessaires pour poser sa candidature. Quinze jours ou trois semaines plus tard, le label reçoit plusieurs propositions de scénario, accompagnés d’une note d’intention, de références visuelles, etc.

Il n’est pas rare sur un appel d’offre FluidRiver d’avoir une dizaine ou une quinzaine de propositions de réalisateurs, toutes rentrant dans une enveloppe budgétaire fixée en amont. Ceci serait simplement impossible à faire en label, à moins qu’un chargé de projet y passe plusieurs semaines à temps complet.

Quel est votre modèle économique?

FluidRiver est ce qu’on appelle un service « freemium » : le service est payant pour un usage professionnel et gratuit pour un usage amateur.

Sur un appel d’offre de clip professionnel, FluidRiver perçoit une commission de 10% sur le budget de production du clip si un réalisateur est retenu. Dans le cas contraire, et si au moins 5 propositions de scénario ont été fournies par FluidRiver, une somme forfaitaire de 200€ sera demandée au label. Ceci permet de proposer une offre très attractive, sans risque, à tous les labels.

FluidRiver a aussi été sollicité pour des films publicitaires et ça c’était une vraie surprise pour moi. Je me suis rendu compte que le réseau de réalisateurs professionnels que j’avais créé commençait à avoir une valeur pour le monde de la publicité. La raison en est simple : les agences Web, dont le métier de base est de réaliser un site Web, proposent de plus en plus de contenus vidéos créatifs aux marques, que ce soit pour habiller des sites Web ou dans le cadre de campagnes publicitaires sur Internet. Les agences web ou marketing qui cherchent des réalisateurs ont avec FluidRiver un outil puissant pour accompagner leurs projets. Ainsi, FluidRiver a placé deux réalisateurs pour un habillage vidéo de site pour Evian (avec l’agence Plan-Net) et un film d’animation promotionnel pour Ecofolio (avec WordsOff et l’agence Ligaris).

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Quelles sont vos ambitions à court et long terme pour FluidRiver?

Depuis sa création en octobre 2009, FluidRiver a réalisé plus d’une dizaine de clips professionnels, dont plusieurs ont été diffusés sur MTV, M6, etc. C’est peu et beaucoup à la fois, surtout quand on part de zéro! Les clips FluidRiver ont été vus par plus de 2 millions de personnes sur Internet (YouTube ou Dailymotion), nous avons travaillé pour des artistes prestigieux comme Vitalic et deux clips FluidRiver faisaient partie des trente nominés pour projection sur écran géant à Rock En Seine. Mes toutes premières ambitions ont donc largement été dépassées.

Aujourd’hui la priorité reste de développer le réseau des réalisateurs et d’augmenter le nombre de projets de clips. FluidRiver est virtuellement le plus gros réseau de réalisateurs professionnels en France, nous sommes donc loin d’avoir atteint notre vitesse de croisière. Mes efforts vont donc aller vers les labels, major ou indés. Je pense aussi aux agences web ou marketing car de nombreux projets de vidéos virales fleurissent dans ce domaine, et les budgets sont plus importants qu’en clip. Concernant le service gratuit aux amateurs, mon ambition est aussi de le développer, d’élargir la base des groupes et vidéastes, en France et à l’étranger. J’aime l’idée d’un joyeux melting-pot vidéo-musical, de ce bouillon de culture où les gens peuvent se rencontrer pour faire des images atypiques. C’est le “off” de FluidRiver, son côté laboratoire audiovisuel.

Je continue aussi une série de portraits de réalisateurs de clips, renvoyant la lumière à ceux qui la posent sur les artistes. Ils ont toujours un regard très intéressant sur les arts audiovisuels et la musique, vu du côté du réalisateur de clip. Les portraits sont visibles sur le blog de Fluidriver.

Que penses-tu de l’avenir du clip? Des chaines de télévisions spécialisée musique ?

Je pense que le clip est à un tournant de sa vie. Depuis les Scopitones du début des années 60, à la création de MTV en 1980, jusqu’au tsunami YouTube, on voit que son importance dans la vie musicale n’a fait que croître. Le clip est le type de contenu le plus recherché sur YouTube, et le plus partagé sur Facebook.

Le clip est un lieu d’expérimentation audiovisuel, où naissent de nouvelles techniques et façons de filmer, qui sont ensuite utilisées en pub ou en long-métrages. C’est aussi un miroir de la société, on y retrouve les doutes, les sujets et les préoccupations du moment, ainsi que toutes les tendances de look, de style, d’accessoires actuels. Le clip puise son inspiration dans le design, l’architecture, la mode, la photographie, le cinema et la musique : c’est un sport complet!

Pourtant, le clip est un peu le parent pauvre de la musique et de l’audiovisuel. Dans les labels, on s’en soucie généralement au dernier moment, et un peu dans l’urgence. On réserve peu de ressources pour le clip, c’est dommage car on risque de se priver d’un beau réservoir de visibilité. Du côté de l’audiovisuel, la voie royale pour un réalisateur est à peu près celle-ci : le clip, la pub, le court-métrage et le long-métrage. Le clip est donc un objet audiovisuel étrange, aux contours mal définis, mais d’un impact terrible lorsqu’il fait mouche, tant pour l’artiste que pour le réalisateur.

J’essaye aussi de promouvoir une approche originale du clip auprès des labels. Par exemple, récemment nous avons travaillé avec les Dinner At The Thompson’s. Le label Bonne Pioche envisageait un seul clip pour la sortie de l’album, et je leur ai proposé d’en faire deux, enchaînés comme des épisodes.

Plus riche créativement, plus original pour les fans, c’est aussi un moyen de mutualiser des moyens de production et de travailler une sortie d’album différemment.

Le plan média classique en label a une forme de pic resserré. Tout est concentré sur un seul instant : la sortie de l’album. Télé, radio, presse, internet… tous les efforts humains et financiers du projet sont engloutis à ce moment de la vie de l’album afin de bénéficier d’une exposition très forte mais très courte. Si après deux ou trois mois, les ventes de l’album sont décevantes, on ne travaille plus l’album, on arrête, c’est perdu. Alors qu’un album c’est plusieurs mois de travail… Au contraire, en prévoyant dès les début un premier clip pour accompagner la sortie de l’album et un second quelques mois plus tard, lié au premier d’une certaine manière, on travaille l’image du groupe et de l’album de manière plus puissante. On peut raconter une histoire, et donc attirer à nouveau l’attention des médias et du public sur le groupe.

Cette approche en épisodes vidéo est à mon avis l’avenir du clip. Il faut s’imaginer que sur un réseau social comme Facebook, Twitter ou MySpace, un internaute voit défiler devant ses yeux des centaines de liens, de photos, de textes chaque jour et ce nombre ne cesse d’augmenter.

Confontré à ce “buffet à volonté” croissant d’informations, l’internaute réalise qu’il ne pourra pas tout voir car une journée n’aura toujours que 24h. Le paradoxe est donc que l’internaute passe une partie de plus en plus importante de son temps à ignorer des informations, à devoir faire des choix, filtrer et trier. Sachant ça, un artiste doit utiliser les réseaux sociaux avec intelligence et tout faire pour créer du sens autour de son oeuvre. Créer du sens, c’est se distinguer dans un réseau dominé par le bruit blanc créé par les autres. C’est aussi créer un lien entre des morceaux, un entre-deux. En ce sens, l’approche du clip en épisodes vidéo que j’évoque est un moyen de créer du sens, en liant deux morceaux et en créant quelque chose de nouveau entre les deux : une histoire.

Quels sont les obstacles que vous rencontrez ?

Je dois dire qu’ils ne manquent pas… Pour résumer, créer une start-up dans le monde de la musique aujourd’hui est un pari hyper-risqué, voire suicidaire! Lorsqu’en plus on apporte une innovation comme FluidRiver et qu’on ne vient pas du monde de la musique, les difficultés explosent.

D’un côté le monde de la musique est en crise suite à l’effondrement des ventes de disques depuis 10 ans. De l’autre le monde du cinéma et de l’audiovisuel peine aussi à vivre -même si la France offre un soutien à la production énorme, notamment par le biais du CNC. Se positionner entre les deux, en intermédiaire, ne peut donc s’envisager que si le service proposé apporte vraiment quelque chose aux deux parties. En ce sens, FluidRiver a sû amener des labels et des réalisateurs qui ne se connaissaient pas à travailler ensemble pour la satisfaction de tout le monde, et de l’artiste en premier lieu.

Toujours du côté des obstacles, je note que le monde de la musique est difficile d’accès surtout lorsqu’on n’en vient pas. La culture de la cooptation, de la recommandation et du réseau est reine, beaucoup plus que dans d’autres milieux. Il est donc dur de se frayer un chemin, d’amener les gens à vous prêter attention et à vous faire confiance. Mais il faut savoir s’adapter, dé-sapprendre une manière de travailler pour en ré-apprendre une autre. C’est ce que j’ai fait en passant du monde du logiciel à celui de la musique, j’ai délibérément quitté ma zone de confort pour partir à la rencontre d’un monde nouveau.

Enfin, il y a la question du temps. En label, directeurs artistiques et chargés de projet sont globalement débordés, devant faire toujours plus avec moins de moyens.

Faute de temps, beaucoup ne répondent donc tout simplement pas à des demandes de contact, même répétées, car vous n’êtes pas une priorité dans une foule de contraintes qui affluent de toutes parts. Le paradoxe est que FluidRiver est précisément un service qui fait gagner un temps précieux aux directeurs artistiques et aux chargés de projets. Ce devrait donc être une priorité !

Quelle utilisation faites vous des Creative Commons ?

Dès le début, FluidRiver a été conçu pour apporter une réponse globale aux artistes, qu’ils travaillent en Copyright ou en Creative Commons. Il était important pour moi d’apporter un cadre juridique clair et transparent aux artistes leur permettant de travailler ensemble sans risque sur des oeuvres à deux auteurs.

Avec FluidRiver, les musiciens qui travaillent en Creative Commons disposent des mêmes possibilités que ceux travaillant en Copyright (typiquement les artistes SACEM). Ils peuvent faire écouter leur oeuvre en précisant qu’elle est sous Creative Commons et peuvent entrer en contact avec des réalisateurs qui eux aussi font le choix de travailler en Creative Commons sur un clip.

Nous utilisons donc Creative Commons particulièrement par rapport à son mécanisme d’œuvre dite “dérivée” car un clip est une oeuvre dérivée d’un morceau. Si ce morceau est sous licence Creative Commons, le musicien l’indique et le clip qui en découlera sera automatiquement sous Creative Commons, c’est la beauté intellectuelle des Creative Commons. Ce mécanisme simplifie fortement la collaboration entre artistes.

A la base, les Creative Commons sont un contrat de droit qui dit ce qu’il est possible et ce qu’il n’est pas possible de faire en terme d’exploitation d’une oeuvre. Mais elles ne disent pas comment faire. Par exemple, comment s’y prendre concrètement lorsque l’on est musicien en Creative Commons et que l’on cherche à réaliser un clip en restant dans le cadre des Creative Commons? FluidRiver répond à cette question, apporte un mécanisme concret d’interaction propice à la collaboration entre deux artistes. C’est le seul site au monde à le proposer. FluidRiver peut donc être vu comme un exemple de réalisation concrète des Creative Commons dans sa partie collaborative.

De quoi es-tu le plus fier dans l’histoire de FluidRiver ?

Je crois que c’est ce que m’a dit un jour Nassim Maoui, un réalisateur qui venait de remporter un appel d’offre pour un clip de Beat Assailant avec Discograph (et ASM en production), que j’avais décroché peu de temps avant. Nous ne nous étions jamais rencontrés, j’avais juste vu sa bande-démo et sa proposition de clip, celle qui avait été retenue.

Monté de Marseille pour tourner le clip à Paris, il m’a expliqué que depuis des années, comme beaucoup de réalisateurs, il proposait spontanément des idées de clips aux labels et que rarement il avait eu un retour. Et là, il venait tout simplement de décrocher le clip d’un artiste qu’il adorait. Il était aux anges!

Cliquer ici pour voir la vidéo.

Le clip, petit bijou de graphisme, a révélé un réalisateur bourré de talent (ainsi que son complice Christophe Menz) et a immédiatement fait le tour du Web, jusqu’à sa nomination parmi les trente clips proposés à la projection sur écran géant à Rock en Seine. Je ne sais pas si j’ai ressenti de la fierté, mais la joie était là, le concept FluidRiver commençait vraiment à m’étonner !

Interview réalisée par OWNImusic

Photos CC flickr : julespajot; villehoo; David Torcivia

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La Soucoupe s’est posée sur LeWeb10 http://owni.fr/2010/12/08/la-soucoupe-sest-posee-sur-leweb10/ http://owni.fr/2010/12/08/la-soucoupe-sest-posee-sur-leweb10/#comments Wed, 08 Dec 2010 07:38:26 +0000 [Enikao] http://owni.fr/2010/12/08/la-soucoupe-sest-posee-sur-leweb10/ Cette année encore, Le Web est l’occasion pour la planète nouvelles technologies de se retrouver à côté de Paris, aux Docks de la Plaine Saint-Denis, autour de start-ups et d’entreprises déjà bien établies, pour discuter des tendances, nouer des contacts, et écouter quelques speakers venus de divers univers.

L’événement organisé par Loïc et Géraldine Le Meur a pour thème cette année : les plateformes (et ce n’est pas un hommage à Houellebecq).

  • Les conférences de la plénière peuvent être visionnées en direct sur ustream.
  • Le hashtag sur Twitter à suivre est #leweb.
  • Le pearltrees officiel.

Cet article est mis à jour au fur et à mesure de la journée.

Carlos Ghosn, PDG de Renault et Nissan est le premier à intervenir. L’industrie automobile semble être moins innovante ? Le sentiment est en tout cas répandu, et le désamour semble profond dans l’opinion des pays développés : la voiture devient une nécessité pénible plus qu’une aspiration teintée d’affect. Le développement de la Mégane a coûté 2 milliards : Renault s’est inspiré des méthodes japonaises de Nissan : benchmarks, partage, automatisation.

Les questions énergétiques et environnementales, prégnantes dans l’opinion publique, sont devenues les premières sources d’innovation chez Renault et Nissan, en particulier dans le domaine des batteries électriques et du design, des matières et de la performance des moteurs. Les automobiles représenteraient 12,5 % des émissions de CO2, et sont les principales consommatrices d’énergies fossiles.

Selon Carlos Ghosn, il y a plus d’un milliard de voitures utilisées par jour en 2010, mais avec les progrès rapides des économies émergentes (Inde, Chine, Brésil…) la circulation passera à deux milliards de voitures d’ici 2010. Les villes et infrastructures vont devoir s’adapter.

La voiture électrique est très critiquée pour le moment, sur tous les fronts (fonctionnalités, autonomie…), mais Renault veut pourtant déjà en parler et la vendre sur un front marketing alors qu’elle n’est pas encore complètement au point, afin de préparer les esprits. Carlos Ghosn, faisant un parallèle osé avec le téléphone mobile, y croit pourtant dur comme fer.

Le secteur industriel automobile représenterait 2000 milliards de dollars, la voiture électrique devrait changer la donne et de nouveaux acteurs se feront une place. L’autre grande tendance est la personnalisation ultime de la voiture, pas ses fonctions propres : appareils électroniques embarqués, intérieur, extérieur… Mais les contraintes liées à la sécurité limitent l’innovation, en particulier les appareils qui peuvent détourner l’attention ou qui sont susceptibles de provoquer des dégâts en cas d’accident. Carlos Ghosn annonce que la voiture qui se conduit toute seule est déjà testée en laboratoire.

La Ze trône à l’entrée de Le Web, le modèle présenté a un petit quelque chose de Tron.

Ethan Beard, responsable du développent Facebook, est interrogé par Michael Arrington de TechCrunch. Avec Connect, Facebook est devenu une plateforme qui peut embarquer de nombreux contenus et qui devient un incontournable dans la musique (c’est le premier fournisseur de trafic vers Spotify), la vidéo, les jeux (Zynga et son célèbre Farmville) et même d’autres réseaux sociaux comme Twitter ou Foursquare qui s’insèrent naturellement dans les statuts.

Les utilisateurs de Facebook ont tendance à y rester et Ethan Beard souhaite les encourager à y retrouver leurs contenus favoris, à voir ce que font leurs amis et les contenus qu’ils y propulsent par recommandation.

Les prochains chantiers de Facebook sont à plusieurs niveaux Le graphe social est un enjeu pour Facebook et il prend corps avec la nouvelle version : connecter les gens entre eux, montrer leurs points communs, leurs événements communs.

L’achat d’objets virtuels à travers une pateforme unique, et donc une monnaie unique, sera la prochaine étape : Facebook Credits. Pour les développeurs, c’est aussi la garantie de travailler sur une plateforme unique sans disperser leurs compétences.

Jason Golgman, directeur produit Twitter, est interrogé par MG Siegler de TechCrunch

Jason Goldman continue à utiliser Twitdeck et d’autres plateformes de services, mais Twitter veut continuer à innover en proposant de nouvelles fonctions à ses utilisateurs : mobilité, contenus complémentaires, changement d’interface, contenu contextuel… L’enjeu est de taille car Twitter gère désormais 100 millions de gazouillis par jour.

Par exemple Twitter a acquis Tweetie en 2009, devenu Twitter pour iPhone pour être embarqué dans les smartphones. L’application web Hootsuite intègre les promoted tweets, messages promotionnels payés par des marques qui s’insèrent dans les flux des utilisateurs.

Pour Jason Goldman, le risque pour Twitter est de se complexifier : le projet de départ était simple, le partage d’un statut avec des amis ou des gens, et il ne faut pas rajouter trop de couches. L’API est ouverte et c’est aux utilisateurs de choisir les services annexes qu’ils souhaitent.

Mike Jones, PDG de MySpace, est interrogé par Robert Scoble

MySpace est historiquement le premier grand média social, lancé en 2003. MySpace a été racheté en 2005 par NewsCorp, la holding de Ruppert Murdoch, mais n’est resté jusqu’à présent qu’un gouffre financier. Mike Jone reconnaît qu’il stagne désormais, dépassé par Facebook, mais assure que NewsCorp continue à soutenir MySpace et continue à miser sur son avenir avec la nouvelle version, développée en 6 mois.

Le site s’est recentré sur la musique, la vidéo, et le partage de goûts artistiques. Comme MySpace est un lieu pour les artistes, cette nouvelle expérience est centralisée sur les sentiments à travers les “likes” et les statuts. MySpace est désormais connecté à des applications tierces comme Facebook, Twitter et Youtube. Entertainment.

Aujourd’hui, 30% des usages de MySpace se font sur une plateforme mobile. MySpace développe actuellement des applications spécifiques pour Android et iPad. De nouveaux acteurs qui ne sont pas originellement des médias vont changer le paysage et les habitudes de consommation de produits d’entertainment.


Stéphane Richard, PDG d’Orange, est interrogé par David Barroux des Echos.

Sur un ton morne et peu enthousiaste, Stéphane Richard annonce qu’Orange a vendu 3 million d’iPhones dans 13 pays, soit 6% des ventes totales mondiales d’Apple, ce qui ne lui donne pour autant pas une relation privilégiée avec la Pomme. Ne souhaitant pas parler de chiffres et affirmant qu’il n’y a pas d’objectifs de vente, il confirme cependant que l’iPad, qui vient d’arriver en offres subventionnées liées à un abonnement chez les opérateurs français, sera d’après lui un beau cadeau de Noël.

Pour Stéphane Richard, Orange se veut davantage qu’un grand tuyautier : l’avenir des opérateurs télécoms réside selon lui dans les applications et les contenus exclusifs.

Les opérateurs mobiles réfléchissent collectivement à la fin de l’Internet mobile illimité (qui ne l’est pas vraiment). Prétextant que 10 % des utilisateurs consomment 70 % de la bande passante, il annonce que les offres tarifaires vont devoir être revues, mais il compte également changer les habitudes des utilisateurs, sans préciser comment. Selon Stéphane Richard, le trafic de données mobiles devrait être multiplié par 10 d’ici à peine deux à trois ans.

Marko Ahtisaari, directeur du design de Nokia

Les interfaces tactiles sont immersives et requièrent une forte attention car l’utilisateur doit visualiser où il pose les doigts et clique : Marko Ahtisaari veut aider les utilisateurs à relever la tête. Nokia songe à réintroduire la souris dans ses appareils pour libérer de l’espace sur l’écran, qui n’est alors plus soumis à des contraintes de taille minimale.

Nokia mise massivement sur l’intelligence collective, en particulier pour améliorer les données de navigation sur son système de guidage et de cartes OVI Maps.

Nokia utilise les données des utilisateurs connectés pour détecter les zones de trafic trop denses et réorienter les trajets. Les utilisateurs d’OVI Maps ont parcouru 100 000 kilomètres en utilisant OVI Maps.

Malgré les difficultés de son système d’exploitation vieillissant Symbian, Nokia ne songe pas à s’appuyer sur des OS concurrents comme Windows Mobile ou Android et préfère réfléchir à un OS maison, en s’appuyant éventuellement sur la forte communauté de développeurs.

Osama Bedier, Vice-Président de Paypal, est interrogé par Milo Yiannopoulos du Daily Telegraph

Interrogé sur la suspension du compte de Wikileaks, Osama Bedier répond qu’il a simplement répondu à une demande de l’administration américaine. Il précise que proposer un service mondial unique de paiement en ligne et en mobilité est un challenge complexe, en raison des multiples législations existantes, et la conformité est une condition sinéquanone pour pouvoir opérer.

Marisa Mayer, Vice-Présidente de Google, est interrogée par Michael Arrington

Google a-t-il raté le tournant du web social ? Marisa Mayer préfère dire que Google est patient. Les grandes avancées du web est la recherche, la géolocalisation, le social, et le mobile. Google est présent sur trois segments, et même s’investit largement sur le mobile avec Android et un nouveau smartphone à venir, le Nexus 2.

Selon Marisa Mayer, la percée de Chrome et les applications pour ChromeOS montrent qu’il y a de la place pour des acteurs innovants. Google n’investit pas dans Foursquare, mais a investi dans Zynga car les jeux sont un relais de croissance potentiel et un moyen de capter l’attention.

Marisa Mayer, titillée par Michael Arrington sur Google Wave et sur la concurrence de l’iPhone, est confiante dans l’avenir d’Android en raison des développements que Google apporte directement à Android. Facebook n’est pas vraiment un ennemi ? La question est accueillie par un rire poli.

Christopher Smith, directeur de développement plateforme BlackBerry, est interrogé par Ryan Block d’Engadget

RIM a perdu 50% de sa part de marché sur les smartphones, même s’il garde une bonne place. Sur App World, la place de marché d’applications BlackBerry, il n’y a que 15000 applications contre près de 300 000 sur App Store pour Apple : Christopher Smith reconnaît que la pauvreté du portfolio laisse la place aux concurrents.

La multiplication des SDK (kits de développement) est un frein à l’unification de la plateforme et gênant pour les développeurs qui ne savent pas par où commencer. Une plateforme RIM 100 % web devrait permettre de redonner le goût aux développeurs et améliorer leur productivité en leur permettant de réaliser davantage de synergies dans leurs travaux.

La tablette BlackBerry, baptisée PlayBook, vise en priorité les professionnels malgré son nom. Mais les usages pourront se répandre dans le grand public, surtout s’il souhaite utiliser certaines fonctionnalités comme Flash.

Dennis Crowley, co-fondateur de Foursquare

Fourquare a atteint les 5 millions d’utilisateurs. 2 millions de check-ins par jour. Nous avons choisi de rester indépendants et avons refusé des offres très élevées de la part de plusieurs grands acteurs du web, nous avons même été harcelés pendant quelques mois.

Le modèle de marketing géolocalisé commence à s’affiner avec Foursquare : il ne suffit plus d’être le Maire pour bénéficier d’offres spéciales. Les commerces peuvent réfléchir à d’autres formats, comme par exemple faire venir 10 amis plutôt que venir 10 fois.

Pour le moment, Foursquare recueille beaucoup d’information, et il y a peu d’intérêt à part s’identifier sur un lieu et avoir des badges. Une API va bientôt être ouverte, ce qui devrait ouvrir la voie à des jeux et à d’autres usages. Pour une marque, il n’y a pas de prix fixe pour faire réaliser un badge.

Foursquare a signé un partenariat avec Endemol, qui est venu voir Dennis Crowley pour préparer une émission dont la mécanique utiliserait Foursquare. Pour le moment, 14% de l’activité est hors US. Les ambitions internationales sont importantes, la traduction de l’interface est en cours. Mais Dennis Crowley souhaite prendre un peu de temps : les levées de fonds ont été fructueuses et les 5 salariés de Foursquare viennent à peine de s’installer dans leurs nouveaux locaux de San Francisco.

Table ronde médias animée par Adrian Monck, World Economic Forum.

Les questions débutent sur Wikileaks, le droit à l’information, la pression technique, financière et légale des Etats contre Wikileaks et Julian Assange. Pierre Chappaz, se montre surpris par le silence massif de nombreux médias sur ces pressions et se montre catastrophé sur la liberté de la presse, dont Wikileaks est un rouage d’après lui. Julio Alonso se montre plus optimiste : il y aura toujours des moyens d’obtenir des informations, les fuites sont une vieille pratique que la presse utilise. Kenneth Estenson confirme que les médias ont de longue date des pressions et ont appris à faire avec.

La question judiciaire sera suivie de près : Julian Assange sera-t-il extradé, condamné ? Wikileaks est-il illégal, son renvoi de nombreux services (financiers, hébergement) est-il fondé en droit ?

[NDLR] Pour conclure

En conclusion de cette merveilleuse journée, nous ne pouvons que trop vous conseiller le billet de notre con-frère Alex “El Gonzo” Hervaud, sur Ecrans, qui rend hommage à la tradition de la titraille chère à Libé: “Le Web10: Flocon s’explique”.

Et on a beau dire, mais un évènement qui créé des mèmes mérite le respect. On peut le dire, en mots comme en images: le Web n’est pas mort.

Cours camarade, le vieux Web est derrière toi

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http://owni.fr/2010/12/08/la-soucoupe-sest-posee-sur-leweb10/feed/ 5
Science Blogs : “Un modèle complètement nouveau” pour le Guardian http://owni.fr/2010/09/09/science-blogs-un-modele-completement-nouveau-pour-le-guardian/ http://owni.fr/2010/09/09/science-blogs-un-modele-completement-nouveau-pour-le-guardian/#comments Thu, 09 Sep 2010 06:32:50 +0000 Megan Garber http://owni.fr/?p=27445 La semaine dernière, le Guardian a lancé un réseau de blogs scientifiques dont le but est de mélanger parfaitement la science et les blogs : “nous voulons divertir, énerver et informer.

Depuis, sur le site web du journal, vous pouvez trouver des contenus de quatre blogs connus et respectés : “Life and physics” de Jon Butterworth, un professeur de physique à l’University College of London qui travaille avec le grand collisionneur de hadrons du CERN ; “The lay scientist”, le blog pop-science-pot-pourri du chercheur et éditeur scientifique Martin Robbins ; le blog de gouvernance scientifique “Political science” de l’ancien membre du parlement britannique Evan Harris ; et “Punctuated equilibrium”, du biologiste de l’évolution Grrrl Scientist.

L’idée est d’exploiter l’expertise scientifique et de la diffuser en même temps. “Ce réseau de blogs n’est pas seulement créé pour que les autres blogueurs scientifiques les lisent ; il ne s’adresse pas qu’aux autres scientifiques“, explique Alok Jha, le correspondant en science et en environnement qui a eu l’idée du réseau et qui (en plus de son travail de journaliste) le supervise maintenant. Le réseau a l’intention d’atteindre (et de divertir/faire enrager/informer) le plus possible de personnes. “Nous sommes un journal généraliste, note-t-il, et tout ce que nous faisons rentre dans ce prisme.


Le réseau marque aussi un nouveau petit décalage dans l’écosystème médiatique : le media de référence et les blogueurs indépendants collaborent pour élargir leur audience, plutôt que de se faire concurrence.

Si cela semble familier (NDT : au Royaume-Uni), c’est sans doute que ce nouveau réseau est une réponse directe au journaliste du Guardian Alan Rusbridger, qui vise la mutualisation journalistique. “C’est bien d’avoir les critiques des scientifiques quand nous faisons une erreur, note Jha. Les scientifiques vont nous apporter un peu de leurs rêves” ; en retour, ils seront lus par une audience plus large.

Audience et paiement

Le réseau du Guardian arrive alors que les réseaux de blogs scientifiques (anglo-saxons NDT) composés de blogs très spécialisés prolifèrent. La semaine dernière, PLOS (Public Library of Science), un éditeur  non-profit de revues scientifiques en accès libre surtout centré sur les sciences naturelles, a lancé son réseaux de onze blogs. Les blogs Plos rejoignent Wired Science, Scientopia et d’autres. Et bien sûr, on a beaucoup parlé des blogs scientifiques avec ScienceBlogs et le scandale du PepsiGate. L’incursion du Guardian dans les réseaux de blogs scientifiques ne s’est pas faite en réaction à ce scandale (PepsiCo a envoyé ses experts contribuer à des réseaux de blogs se revendiquant fièrement indépendants), le projet étant en route depuis le printemps.

Cependant, “cela a tout  accéléré, explique Jha. Je pense qu’il y a eu une réflexion chez les blogueurs : ‘Que faisons nous maintenant ? Comment le faisons nous ?’ et ça nous a amené à nous dire, ok, c’est le moment de le faire.

Le projet général est des plus classiques : plus de contenus pour les medias, plus d’audience  pour les fournisseurs de contenus.Beaucoup de scientifiques veulent écrire, raconte Jha ; mais il y en a beaucoup moins qui comprennent l’alchimie mystérieuse requise pour présenter les choses aux entreprises de presse. L’arrivée des blogs a bousculé la relation entre les experts et le grand public (Le Guardian lui-même, dans ce cas, passe du rôle du gardien à celui d’hôte)”.

Le résultat, pour les scientifiques, ce n’est pas l’audience au sens du Huffington Post (signer un article = argent). Le Guardian paye les blogueurs pour leur travail. Ce qui est plus une question de principe qu’une question économique :

Même si certains scientifiques écrivaient déjà sur leurs propres blogs sans être payés, explique Jha, nous avons pensé que ce n’était pas possible de ne pas payer car ce serait de l’exploitation.

La solution : les revenus sont partagés à 50/50. Le Guardian vend des pubs contre les pages des blogueurs ; les blogueurs, en retour, touchent la moitié. Mais c’est encore en expérimentation (et les publicités sur le web sont notoirement volatiles, même sur un site dont le trafic est très élevé comme celui du Guardian) l’arrangement inclue aussi une sorte d’assurance financière pour les blogueurs : si les revenus publicitaires s’effondrent en dessous d’un seuil, l’accord sera revu.

“Indépendant de toute interférence”

Bien que les bannières de blogs varient, ils gardent, dans leur présentation du Guardian, un slogan unique : “HOSTED BY THE GUARDIAN.” (hebergé par Le Guardian) C’est une manière de clarifier (et de réitérer) le fait que, bien que les contenus des blogs soit sur le site du Guardian, ils ne viennent pas complètement du Guardian.  “L’idée, c’est que ce ne sont pas des blogs de journalistes internes, précise Jha. Ce sont eux (ce qu’ils pensent indépendamment de toute interférence).

Et “indépendant” veut vraiment dire “indépendant.” Les blogs ne sont pas modifiés (ni leur contenu, ni leur copie). Contrairement à d’autres arrangements d’hébergement blogs/journaux (voir, par exemple Nate Silver, dont le FiveThirstyEight est lié officiellement au New York Times - et dont le contenu est relu et édité  par l’équipe du Times) les blogs scientifiques du Guardian sont relus par les blogueurs eux-mêmes. Pour ces deux premières semaines , oui, un directeur de la production relira les billets avant de cliquer sur “publier.” Mais c’est temporaire (cette période est prévue pour régler les problèmes techniques et pour installer la confiance des deux côtés). Le but, après cette période d’essai initiale, est de donner aux blogueurs l’accès libre aux outils de publication en ligne du Guardian (quelque chose, précise Jha, “que personne à part l’équipe interne ne pouvait faire avant“. Le projet (simple mais symbolique, aussi) est que les blogueurs pourront bientôt publier directement  sur le site du Guardian sans intermédiaire. “C’est un modèle complètement nouveau pour nous“, explique Jha (car , pour l’instant, “tout est édité.“)

Jha est au courant des maux de têtes potentiels qui accompagnent la liberté (une notion qui est particulièrement menacée au Royaume-Uni, dont le système légal se moque beaucoup. “Comme entreprise de presse, nous sommes très attentif à rester du bon côté de la loi” commente Jha ; Cependant encore une fois, “nous essayerons de ne jamais censurer“. Jha et ses collègues ont pris beaucoup de temps pour discuter de l’équilibre entre la liberté d’expression et l’obligation de préserver leur responsabilité légale au lancement du réseau. Finalement, le projet a gagné contre les précautions. “Nous sommes plutôt prompt à dire ‘publions’ plutôt que nondit-il. Et depuis que les blogs d’information existent, le but est d’être dans une relation moins hiérarchique, pas plus. “À la fin, nous aimerions qu’ils aient un contrôle complet, commente Jha. C’est l’ambition“.

Article initialement publié sur NiemanJournalismLab

Illustration FlickR CC : practicalowl

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Science Blogs : “Un modèle complètement nouveau” pour le Guardian http://owni.fr/2010/09/09/science-blogs-un-modele-completement-nouveau-pour-le-guardian-2/ http://owni.fr/2010/09/09/science-blogs-un-modele-completement-nouveau-pour-le-guardian-2/#comments Thu, 09 Sep 2010 06:32:50 +0000 Megan Garber (Trad. Martin Clavey) http://owni.fr/?p=27445 La semaine dernière, le Guardian a lancé un réseau de blogs scientifiques dont le but est de mélanger parfaitement la science et les blogs : “nous voulons divertir, énerver et informer.

Depuis, sur le site web du journal, vous pouvez trouver des contenus de quatre blogs connus et respectés : “Life and physics” de Jon Butterworth, un professeur de physique à l’University College of London qui travaille avec le grand collisionneur de hadrons du CERN ; “The lay scientist”, le blog pop-science-pot-pourri du chercheur et éditeur scientifique Martin Robbins ; le blog de gouvernance scientifique “Political science” de l’ancien membre du parlement britannique Evan Harris ; et “Punctuated equilibrium”, du biologiste de l’évolution Grrrl Scientist.

L’idée est d’exploiter l’expertise scientifique et de la diffuser en même temps. “Ce réseau de blogs n’est pas seulement créé pour que les autres blogueurs scientifiques les lisent ; il ne s’adresse pas qu’aux autres scientifiques“, explique Alok Jha, le correspondant en science et en environnement qui a eu l’idée du réseau et qui (en plus de son travail de journaliste) le supervise maintenant. Le réseau a l’intention d’atteindre (et de divertir/faire enrager/informer) le plus possible de personnes. “Nous sommes un journal généraliste, note-t-il, et tout ce que nous faisons rentre dans ce prisme.


Le réseau marque aussi un nouveau petit décalage dans l’écosystème médiatique : le media de référence et les blogueurs indépendants collaborent pour élargir leur audience, plutôt que de se faire concurrence.

Si cela semble familier (NDT : au Royaume-Uni), c’est sans doute que ce nouveau réseau est une réponse directe au journaliste du Guardian Alan Rusbridger, qui vise la mutualisation journalistique. “C’est bien d’avoir les critiques des scientifiques quand nous faisons une erreur, note Jha. Les scientifiques vont nous apporter un peu de leurs rêves” ; en retour, ils seront lus par une audience plus large.

Audience et paiement

Le réseau du Guardian arrive alors que les réseaux de blogs scientifiques (anglo-saxons NDT) composés de blogs très spécialisés prolifèrent. La semaine dernière, PLOS (Public Library of Science), un éditeur  non-profit de revues scientifiques en accès libre surtout centré sur les sciences naturelles, a lancé son réseaux de onze blogs. Les blogs Plos rejoignent Wired Science, Scientopia et d’autres. Et bien sûr, on a beaucoup parlé des blogs scientifiques avec ScienceBlogs et le scandale du PepsiGate. L’incursion du Guardian dans les réseaux de blogs scientifiques ne s’est pas faite en réaction à ce scandale (PepsiCo a envoyé ses experts contribuer à des réseaux de blogs se revendiquant fièrement indépendants), le projet étant en route depuis le printemps.

Cependant, “cela a tout  accéléré, explique Jha. Je pense qu’il y a eu une réflexion chez les blogueurs : ‘Que faisons nous maintenant ? Comment le faisons nous ?’ et ça nous a amené à nous dire, ok, c’est le moment de le faire.

Le projet général est des plus classiques : plus de contenus pour les medias, plus d’audience  pour les fournisseurs de contenus.Beaucoup de scientifiques veulent écrire, raconte Jha ; mais il y en a beaucoup moins qui comprennent l’alchimie mystérieuse requise pour présenter les choses aux entreprises de presse. L’arrivée des blogs a bousculé la relation entre les experts et le grand public (Le Guardian lui-même, dans ce cas, passe du rôle du gardien à celui d’hôte)”.

Le résultat, pour les scientifiques, ce n’est pas l’audience au sens du Huffington Post (signer un article = argent). Le Guardian paye les blogueurs pour leur travail. Ce qui est plus une question de principe qu’une question économique :

Même si certains scientifiques écrivaient déjà sur leurs propres blogs sans être payés, explique Jha, nous avons pensé que ce n’était pas possible de ne pas payer car ce serait de l’exploitation.

La solution : les revenus sont partagés à 50/50. Le Guardian vend des pubs contre les pages des blogueurs ; les blogueurs, en retour, touchent la moitié. Mais c’est encore en expérimentation (et les publicités sur le web sont notoirement volatiles, même sur un site dont le trafic est très élevé comme celui du Guardian) l’arrangement inclue aussi une sorte d’assurance financière pour les blogueurs : si les revenus publicitaires s’effondrent en dessous d’un seuil, l’accord sera revu.

“Indépendant de toute interférence”

Bien que les bannières de blogs varient, ils gardent, dans leur présentation du Guardian, un slogan unique : “HOSTED BY THE GUARDIAN.” (hebergé par Le Guardian) C’est une manière de clarifier (et de réitérer) le fait que, bien que les contenus des blogs soit sur le site du Guardian, ils ne viennent pas complètement du Guardian.  “L’idée, c’est que ce ne sont pas des blogs de journalistes internes, précise Jha. Ce sont eux (ce qu’ils pensent indépendamment de toute interférence).

Et “indépendant” veut vraiment dire “indépendant.” Les blogs ne sont pas modifiés (ni leur contenu, ni leur copie). Contrairement à d’autres arrangements d’hébergement blogs/journaux (voir, par exemple Nate Silver, dont le FiveThirstyEight est lié officiellement au New York Times - et dont le contenu est relu et édité  par l’équipe du Times) les blogs scientifiques du Guardian sont relus par les blogueurs eux-mêmes. Pour ces deux premières semaines , oui, un directeur de la production relira les billets avant de cliquer sur “publier.” Mais c’est temporaire (cette période est prévue pour régler les problèmes techniques et pour installer la confiance des deux côtés). Le but, après cette période d’essai initiale, est de donner aux blogueurs l’accès libre aux outils de publication en ligne du Guardian (quelque chose, précise Jha, “que personne à part l’équipe interne ne pouvait faire avant“. Le projet (simple mais symbolique, aussi) est que les blogueurs pourront bientôt publier directement  sur le site du Guardian sans intermédiaire. “C’est un modèle complètement nouveau pour nous“, explique Jha (car , pour l’instant, “tout est édité.“)

Jha est au courant des maux de têtes potentiels qui accompagnent la liberté (une notion qui est particulièrement menacée au Royaume-Uni, dont le système légal se moque beaucoup. “Comme entreprise de presse, nous sommes très attentif à rester du bon côté de la loi” commente Jha ; Cependant encore une fois, “nous essayerons de ne jamais censurer“. Jha et ses collègues ont pris beaucoup de temps pour discuter de l’équilibre entre la liberté d’expression et l’obligation de préserver leur responsabilité légale au lancement du réseau. Finalement, le projet a gagné contre les précautions. “Nous sommes plutôt prompt à dire ‘publions’ plutôt que nondit-il. Et depuis que les blogs d’information existent, le but est d’être dans une relation moins hiérarchique, pas plus. “À la fin, nous aimerions qu’ils aient un contrôle complet, commente Jha. C’est l’ambition“.

Article initialement publié sur NiemanJournalismLab

Illustration FlickR CC : practicalowl

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Newspass, la plateforme d’infos payantes signée Google http://owni.fr/2010/06/19/newspass-la-plateforme-dinfos-payantes-signee-google/ http://owni.fr/2010/06/19/newspass-la-plateforme-dinfos-payantes-signee-google/#comments Fri, 18 Jun 2010 23:25:38 +0000 Adriano Farano http://owni.fr/?p=19379 Murdoch l’a rêvé. Google l’a fait. Ou du moins le fera, si l’on en croit le site web du quotidien italien Repubblica qui, dans son édition du 17 juin, a parlé de Newspass, la plateforme de news payantes que le géant de Mountain View s’apprêterait à lancer d’ici la fin de l’année.

Selon le quotidien italien, Newspass est déjà en phase de test et Google sonde actuellement les éditeurs pour qu’ils rentrent dans la phase d’expérimentation.

Le système serait adossé à la plateforme de paiement de Google, Checkout. Les articles derrière un paywall, déjà répertoriés par le moteur de recherche, seraient signalés dans les résultats Google. L’utilisateur pourra ainsi les acheter à l’unité et, bien sûr, à volonté.

La Repubblica ne donne pas de détails sur les pourcentages de vente prévus par Google.

Mais le journaliste italien expert de médias, Vittorio Zambardino, décrit déjà le projet de Google comme plus clairvoyant que celui d’Apple juste au moment où, avec la sortie de l’iPad, tous les yeux sont tournés vers Cupertino.

Selon Zambardino, le choix fait par Google avec Newspass, un système indépendant du logiciel ou du support utilisés, est celui d’un “marché ouvert fondé sur l’écosystème“. Pour Zambardino, Google a compris que “la titularité du choix de lecture est passé des mains des éditeurs à celle de l’audience“. Google, avec Newspass, confirmerait avoir saisi ce changement d’époque.

D’ici là, nous vous tiendrons informés sur la réaction de Google à ces révélations et à l’évolution du dossier.

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Newspass, Is Google Murdoch’s best friend ?

Murdoch dreamed of it ? Google has just made it. In its June 17 edition, the website of the respected Italian newspaper La Repubblica said the giant of Mountain View will launch Newspass, a one-click content payment system, by the end of the year.

According to the Italian daily, Newspass is already in its testing phase and Google is currently proposing publishers to join it into an experimental phase.

Newspass would be connected to Google’s payment platform Checkout. The articles behind a paywall, already listed by the search engine, would appear into Google’s search results. The user will then be able to buy the article by clicking there.

La Repubblica did not give details on the sales percentages provided by Google.

But the Italian journalist media expert, Vittorio Zambardino, already described the Google project as more visionary than Apple just while, with the release of the iPad, all eyes are turned towards Cupertino.

According to Zambardino, the choice made by Google with Newspass — a system independent from either the software or the hardware readers are using — is the one of an “open market based on the ecosystem”. For Zambardino, Google has realized that “ownership of the choice of reading has shifted from editors to readers. With Newspass, Google confirms it have understood this change of era”.

We will keep you informed about the reaction of Google to these revelations.

Photos CC Flickr : Carlos Luna (une) ; jurvertson

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